Edito
Extrait des Annales d'Ars n°313
Pareil à de l’eau…
L’eau est traditionnellement l’image donnée pour parler de l’humilité. L’eau coule, elle descend toujours aussi bas qu’elle peut… L’eau prend toujours la forme de l’objet qui la contient, elle épouse et accueille ce qui lui est offert… L’eau est transparente, et elle laisse voir l’autre qui est à côté, elle ne lui fait pas écran… Enfin l’eau, malgré sa simplicité, est source de fécondité et sans elle rien ne grandit et ne donne du fruit… Ces aspects caractérisent l’eau, mais aussi l’humilité, pour nous chrétiens. L’humilité est la vertu chrétienne par excellence, elle s’oppose à l’orgueil dont nous sommes tous marqués ici-bas : elle nous attire vers ce qui est petit et simple, incline notre cœur à être ouvert et accueillant (aux autres, aux événements, à l’Esprit-Saint…), elle nous fait voir et respecter autrui, elle nous permet de rencontrer Dieu et de vivre de sa grâce… elle est bien à l’image de l’eau !
Les contemporains du Curé d’Ars soulignent unanimement son humilité et sa simplicité. Il a d’ailleurs souvent insisté sur l’importance de cette vertu et son caractère fondamental dans la construction de la personnalité chrétienne. Il y revenait sans cesse : « l'humilité est aux vertus ce que la chaîne est au chapelet : ôtez la chaîne et tous les grains s'en vont ; ôtez l'humilité et toutes les vertus disparaissent ». Il l’a vécu dans toutes les dimensions de sa vie de pasteur, spirituelle bien sûr, mais aussi sociale, fraternelle, et pastorale. Ce fut un petit… un humble, tout comme les exemples que l’Église nous donne en cette fin de XIXème : Bernadette Soubirous, Catherine Labouré, Thérèse de Lisieux, Jean Bosco…
L’humilité, pour chacun de nous, c’est d’abord une grâce à demander, à accueillir et à faire grandir. Nous n’avons pas trop de notre vie, et nul ne peut dire qu’il y est arrivé ! Bien sûr devant nous nous avons la figure de Jean-Marie Vianney et des saints, mais nous avons surtout celle du Christ, le Roi de l’Univers venu habiter parmi nous. De l’humilité de la crèche jusqu’au Golgotha, il nous montre le chemin : « prenez sur vous mon joug, car je suis doux et humble de cœur ».
En nous guidant vers le Christ, les saints nous rappellent que l’humilité est le fondement de la prière, qu’elle est la disposition nécessaire pour entrer dans l’amitié avec Dieu, pour accueillir l’invitation du Seigneur lui-même. La prière, un don à accueillir dans l’humilité et la pauvreté… Chez le Curé d’Ars, l’humilité fut bien le lieu où sa prière s’approfondit, où son intimité avec Dieu s’épanouit et le fit vivre, où sa charité déborda.
Ce numéro des Annales d’Ars veut nous inviter à l’humilité. Il nous parle du Curé d’Ars, il nous rapporte les témoignages de ses contemporains, il nous aide à la demander. Puissions-nous entrer toujours plus dans cette grâce qui nous élèvera vers Dieu et nous rendra heureux.
Père Jean-Philippe Nault,
Recteur du Sanctuaire.
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