Abbé Charles Balley

Grands témoins d’Ars contemporains ou amis du Saint Curé : Abbé Charles Balley

Charles BalleyAbbé Charles Balley [1751-1817]

Le maître du Curé d’Ars

Charles Balley est le benjamin d’une famille de 16 enfants ; ils habitent à Lyon. Charles est né le 30 septembre 1751. Éduquée profondément à la foi catholique, cette famille donnera à l’Église 5 enfants : deux filles deviendront religieuses ; trois garçons deviendront prêtres, dont Charles Balley, prêtre de la Congrégation des Génovéfains.

Cette congrégation visait à former des prêtres qui unissent en eux, à la fois le bienfait d’une vie religieuse inspirée de la règle de saint Augustin, et les fonctions du ministère paroissial.

Programme pastoral des génovéfains

Dans les constitutions de la congrégation nous trouvons le programme pastoral qui est visé par tous les génovéfains.

  • Un soin attentif, empressé à nourrir les peuples de la parole divine ;
  • une charité qui conduit les malades et leur distribue des secours ;
  • une paternelle sollicitude des pauvres et des affligés ;
  • une prévoyante attention à administrer les sacrements ;
  • une ferme constance à évangéliser les esprits sans culture et sans lumière ;
  • une infatigable ardeur à former les enfants à la vie chrétienne et à les instruire de la doctrine de la foi ;
  • enfin une pieuse application à donner au culte la majesté qui lui convient.

Voilà un magnifique programme pour un pasteur d’âmes : à travers Charles Balley, il deviendra celui de saint Jean-Marie Vianney.

Ministères

Les ministères seront divers pour Charles Balley, s’occuper de la jeunesse, puis maître des novices, puis curé de campagne en 1785. Dans cette paroisse, nous voyons un exemple que reprendra plus tard le Curé d’Ars, refaire de l’église paroissiale un lieu de culte digne.

C’est dans cette paroisse, du nom de Choue dans le diocèse de Blois, qu’il vivra le début de la Révolution, mais bien vite il sera expulsé pour avoir prêché le Christ en fidélité à l’Église. Alors vient pour lui un temps d’apostolat clandestin (comme prêtre dit ”réfractaire”) qui le mènera aux alentours de Lyon, et où il restera, après la restauration comme curé d’Écully.

Influence du "maître"

En 1805, sous l’influence du Cardinal Fesch, l’Abbé Balley établit une école presbytérale pour latinistes débutants qui devraient préparer des jeunes au ministère sacerdotal. Jean-Marie Vianney sera de ses élèves dès 1807.

L’influence de l’Abbé Balley sur le jeune Jean-Marie Vianney sera très grande et il en parlera comme de “son maître”. Après sa formation, le futur Curé d’Ars vivra un peu plus de 2 ans avec son curé comme vicaire à Écully, avant de venir à Ars après la mort de Charles Balley, en décembre 1817.

Exemplarité

L’exemple de l’austérité, de la sollicitude pastorale, … tout ce qu’a fait l’Abbé Balley, nous le voyons aussi dans la vie de saint Jean-Marie Vianney. Tous les deux ont voulu faire de leur vie une vie comblée avec le message de l’Évangile, une vie à la suite du Christ par le don de soi complet. Quelqu’un a remarqué : « la sainteté du Curé d’Ars a sa source dans la sainteté du curé d’Écully… À la manière des prêtres des premiers siècles, le Curé d’Ars imitera son père spirituel. Il a fait à Ars, ce qu’il a vu faire à Écully. »

Extrait des Annales d’Ars n° 325 [mars-avril 2010].