Abbé Joseph Toccanier

Grands témoins d’Ars contemporains ou amis du Saint Curé : Abbé Joseph Toccanier

Joseph ToccanierAbbé Toccanier [1822-1883]

Vicaire et successeur du Saint Curé

« On peut dire que sa vie sacerdotale se résume tout entière dans ces deux mots : douceur et humilité » notait le Journal de l’Ain après le décès de l’Abbé Toccanier. Fils d’un vigneron de Seyssel (Ain), Joseph Toccanier est né le 3 novembre 1822.

D’abord ouvrier à la ferme familiale, le jeune Joseph parti à Belley chez les Pères Maristes pour ses études. Il y rencontre comme supérieur le Père Jean-Claude Colin, fondateur de la Société de Marie, et condisciple de Jean-Marie Vianney au séminaire. En 1839, c’est le Père Pierre-Julien Eymard qui rejoint le collège comme directeur. En 1844, après avoir profité de ces deux maîtres, il entre au séminaire de Belley.

Ordonné prêtre en juillet 1847, il est d’abord envoyé comme vicaire à Montluel, puis il gagne les missionnaires diocésains nouvellement créés.

Vicaire résidant à Ars

En septembre 1853, il est nommé vicaire résidant à Ars, près de M. Vianney.

Prenant la suite de M. Raymond, le nouveau vicaire contrastait avec l’ancien : « J’ai mis M. Toccanier auprès de M. Vianney parce qu’il est plein de cœur, dévoué et d’un caractère très conciliant » disait M. Camelet supérieur des missionnaires.

Jusqu’à la mort de M. Vianney en 1859, l’Abbé Toccanier restera donc fidèlement près du Curé d’Ars. Arrivé un samedi, M. Vianney profita de ce nouveau vicaire pour tenter de partir, dès le lendemain. Ce fut la dernière “fuite” du Saint Curé ; mais c’est lui, l’Abbé Toccanier, qui finalement fit échouer cette tentative.

Charité et bienveillance

Le nouveau vicaire va rendre de multiples services, mais surtout une présence fraternelle et pleine de charité ; M. Vianney dira un jour « Ô mon ami, je n’ai bien connu ce que c’est que la charité que depuis que je vous ai auprès de moi ».

Il veillait sur son saint curé avec toute sa bienveillance et sa bonté. C’est lui qui en 1854 organisa la fête du 8 décembre, jour de la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception ; M. Vianney en gardera un souvenir ému « Que c’est beau ! que c’est beau ! ». Très vite aussi M. Toccanier deviendra aussi le vrai confident de son curé ; innombrables sont les sentences ou paroles conservées par le vicaire.

Après la mort du Saint Curé en 1859, l’évêque aurait voulu le nommer successeur à la cure d’Ars. Devant le refus de celui-ci, il ne devint que “vicaire administrateur” aux côtés de M. Camelet, mais finalement seul résidant à Ars.

Construire une belle église

Dans la liste des successeur du saint Curé, il tient donc finalement la première place. Il essayera de mettre en œuvre le désir de M. Vianney, construire une belle église. Les dernières années de sa vie seront marquées par de multiples démarches pour construire, mais surtout pour trouver des fonds. « Courage mon ami ! » lui avait dit M. Vianney avant de mourir.

Il en fallut à son vicaire devenu son successeur ; finalement le chœur de l’édifice fut consacré en 1865. C’est lui aussi qui fit dresser à l’entrée d’Ars la statue de Ste Philomène en 1881.

25 jours après le décès de Catherine Lassagne, le dimanche 7 novembre 1883, âgé de 61 ans, il s’endormit dans la paix

Extrait des Annales d’Ars n° 323 [nov-déc 2009].