Abbé Louis BEAU

Grands témoins d’Ars contemporains ou amis du Saint Curé : Louis BEAU

Abbé Louis BeauAbbé Louis Beau [1808-1870]

Confesseur du curé d’Ars

Confesseur pendant les quatorze dernières années de sa vie, jusqu’à la mort du Curé d’Ars, l’abbé Beau en est donc un témoin majeur.

Louis Beau naît à Ambronay (dans l’Ain à 50 km à l’est d’Ars) le 30 décembre 1808.
Après plusieurs années de ministère, il est nommé en septembre 1844 curé de Jassans (à 5 km d’Ars). Il connaît son éminent voisin pour s’être un jour confessé à lui alors qu’il était vicaire à Grenay (à l’est de Lyon).

À mon arrivée, témoigne-t-il, j’allai à Ars recommander mon saint ministère au saint Curé. Après cette première visite, j’y retournai mais assez rarement : le saint Curé était si occupé, puis sa sainteté me faisait peur. Impossible de me défendre de ce sentiment : quelle différence entre sa vie et la mienne !… Pourquoi ne vis-tu pas ainsi ?… Je me rassurais par cette parole de l’Évangile : “Il y a plusieurs demeures dans le maison de mon Père” (Jn 14,2)

En novembre 1845, « se sentant poussé intérieurement » depuis un mois à aller à Ars, il se rend directement à la Providence vers midi pour le voir plus facilement. Il raconte : « Je lui fis une recommandation, et déjà j’avais mon bâton de voyage, quand le saint Curé, me prenant sous le bras, me mena dans sa chambre. Jugez de mon étonnement, quand, se mettant à genoux, il me priait d’entendre sa confession. “Ayez la bonté de venir ainsi de temps en temps. Vous m’obligerez.” ».

M. Dufour, missionnaire diocésain de Belley en service à Ars, rapporte que son curé était « très régulier à se confesser, et le curé de Jassans venait souvent » et à n’importe quelle heure… Ce qui donne autorité à cette confidence de l’abbé Beau sur son singulier pénitent :
Je ne sache pas qu’il se soit relâché un seul jour… Il était entouré d’une auréole de sainteté. Je ne pourrais exprimer à quel point il m’inspirait la vénération et le respect… Je ne crois pas qu’il soit possible d’aller plus loin dans la pratique des vertus héroïques
Qu’ajouter à cela ?! Sur la manière dont le Curé d’Ars disait la messe, priait son bréviaire, le bénédicité,… il affirme : « le souvenir de ce que j’ai vu dans ces moments-là m’impressionne encore ». C’est en fait une amitié sacerdotale qui s’est nouée entre eux. Le Curé d’Ars l’appelle « mon cher ami », lui offre du bordeaux que son médecin lui avait prescrit sur ordonnance et va jusqu’à lui faire cadeau d’un calice ! Le jour de la Fête-Dieu 1852, alors que le curé de Jassans est gravement malade, le saint Curé vient le visiter : « Il avait fait toute la route à pied, par une chaleur excessive, et bien qu’il eût déjà présidé la procession du Saint-Sacrement ! », confie-t-il. Dans la nuit où le Curé d’Ars quittait cette terre, l’abbé Beau lui propose à deux reprises qu’un missionnaire lui donne les derniers sacrements. « Ce sera vous », lui répond-il avec les forces qui lui restent. L’abbé Beau restera à Jassans comme curé et décèdera le 4 janvier 1870 à 61 ans. C’est là qu’il repose en paix, à l’ombre de la croix centrale du cimetière.

Extrait des Annales d’Ars n° 342 [janvier - février 2013].