ARS 2017 : ANNEE DE LA MISSION !

Laissons-nous déborder par la Miséricorde…

« Ce curé qui ne quitta pas sa paroisse d’Ars fut un des plus grands missionnaires des temps modernes. » (Albert Bessières)

« J’aime tant les missions que si je pouvais vendre mon corps pour en établir une encore, je le vendrais ! »

Le curé d’Ars aimait la mission, il a participé aux missions, il a sauvé le projet des missionnaires diocésains, il a tout donné pour les missions et les pauvres.

Cet élan missionnaire partait d’un constat : …

« Quand je pense au soin que le Bon Dieu a pris de moi, quand je repasse ses bienfaits, la reconnaissance et la joie de mon cœur débordent de tous côtés. Je ne sais plus que devenir ; je ne découvre de toutes parts qu’un abîme d’amour dans lequel je voudrais pouvoir me noyer. »

Ce débordement du cœur emportait avec lui tant d’autres cœurs : « La miséricorde de Dieu est un torrent débordé, elle entraîne tous les cœurs sur son passage. Etre missionnaire, c’est laisser déborder son cœur. »

Le saint Curé fit alors de son proche environnement une terre de mission.« M. Vianney, ayant renouvelé sa paroisse, déclare le cultivateur Claude Villier, se rendit à l’invitation de ses confrères pour donner des missions dans les paroisses environnantes ».

La première mission à laquelle il participa fut celle de Trévoux, du 9 janvier au 21 février 1823. Les confesseurs étaient débordés et les témoins s’accordent à reconnaître que le plus couru d’entre eux était le Curé d’Ars. Le Curé d’Ars fut bien souvent embauché dans le cadre de ces missions diocésaines, particulièrement celles autour d’Ars.

En quelques années, il participa aux missions de Trévoux, de Saint Trivier, de Rancé, Villeneuve, S. Jean de Thurigneux, Chaneins. Catherine Lassagne expliquait : « Son confessionnal était toujours assiégé, au point qu’un jour - je pense que c’était un confessionnal mal organisé- la foule qui se pressait emportait le confessionnal et celui qui était dedans.

C’est M. le Curé qui racontait cette aventure : “On m’emportait, disait-il, avec mon confessionnal” ». Et tous venaient à lui, petits et grands, riches et pauvres, pour accueillir le pardon et, aussi, les invitations à vivre de l’Evangile. En ce temps où les petites paroisses de la Dombes et des bords de Saône avaient tant besoin d’être évangélisées, St Jean-Marie Vianney était peiné d’entendre ses confrères mettre en avant des questions d’argent pour retarder une mission. Pour les aider, il donna de fortes sommes qui lui venaient des pèlerins : « On trouve toujours assez de personnes pour acheter des bannières ou des statues, affirmait-il, mais le salut des âmes par les Missions doit être préféré ». Ainsi il fonda de nombreuses missions paroissiales. Couvrant aussi les frais des missionnaires qui viendraient tous les 7 ou les 10 ans annoncer la Parole de Dieu, il justifiait les dépenses : « On ne sait pas tout le bien que les missions opèrent. Pour l’apprécier, il faudrait être à ma place, il faudrait être confesseur »

Il encouragea beaucoup la société des missionnaires diocésains. Mis en place après le concordat de 1801 dans le cadre de la réorganisation du diocèse de Belley, ces missionnaires étaient des prêtres du diocèse, chargés de parcourir les paroisses, devenant les auxiliaires des curés pour réveiller la foi, susciter la conversion des fidèles et les exhorter à la pratique religieuse.

Vers la fin de sa vie, son souci pour les missions sera total et toutes ses ressources seront employées à cette œuvre. Le nombre des missions fondées par le saint s’élèvera à 97 pour une somme impressionnante de 201 625 francs. Il souhaita même avoir un de ces missionnaires comme auxiliaire. C’est l’abbé Toccanier qui fut nommé et devint plus tard son successeur. Celui-ci continua à recueillir des fonds pour établir d’autres fondations de mission. En tout, 221 missions furent fondées dans le diocèse grâce au saint et à ses successeurs. Grâce à cette aide financière, les missionnaires pourront s’adonner librement et pleinement à l’œuvre d’évangélisation.

Au départ à partir de 1835, les missionnaires résidèrent à Pont-d’Ain. Puis, en 1909, ils vinrent s’installer au château d’Ars.

Ensuite la famille Des Garets souhaitant habiter de nouveau le château en 1925, les missionnaires déménagèrent à 5 kilomètres, à Jassans. Ils étaient continuellement à disposition du curé recteur d’Ars qui les impliquait spécialement dans les confessions. Le cœur du Saint Curé était également habité par la mission universelle vers les terres lointaines. C’est sans doute en lien avec Pauline Jaricot [1799-1862] que ce souci grandira. Il était abonné à la revue de La Propagation de la foi.

Et, avec humour, il savait impliquer tout le monde dans son aventure : « Des personnes ont pensé que Monseigneur serait mécontent de ce que j’avais vendu mon camail (courte pèlerine à capuchon minuscule). Je lui ai écrit qu’il me manquait encore cinquante francs pour compléter une fondation de mission et qu’il ne serait pas fâché d’y avoir contribué. »

Comment nous inspire-t-il dans la mission actuelle de nos diocèses et nos paroisses ? Comment son élan et sa passion peuvent-ils donner vigueur à nos initiatives d’évangélisation aujourd’hui ? A quelle créativité nous ouvre-t-il ?

Bonne Année de la Mission !

P. Patrice Chocholski curé recteur

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