Bienheureuse Eugénie SMET

Grands témoins d’Ars contemporains ou amis du Saint Curé : Eugénie SMET

Eugenie SmetBienheureuse Eugénie Smet [1825-1871]

Sœur Marie de la Providence

La bienheureuse Eugénie Smet ou sœur Marie de la Providence naît à Lille le 25 mars 1825 dans une famille profondément chrétienne. Sa foi en la fidélité de Dieu grandit très tôt, ce qui lui donnera la persévérance dans les nombreuses épreuves qu’elle rencontrera.
Après dix ans de vie apostolique à Loos-les-Lille, elle découvre à la Toussaint 1853 sa mission au sein de l’Église au service de la Providence divine.

Inspirée par le saint curé…

Devant les difficultés à fonder une congrégation répondant à son intuition spirituelle, elle demande à son amie Henriette Waymel qui doit se rendre à Ars en août 1855, d’interroger le Curé d’Ars sur ce laborieux projet .
La réponse ne tarde pas : « Dites-lui qu’elle établira un ordre pour les âmes du purgatoire quand elle le voudra » .
Deux mois plus tard, même confirmation par l’intermédiaire de l’abbé Toccanier : « Le curé pense que c’est Dieu qui vous a donné l’idée d’un si sublime dévouement » .

Arrivée à Paris en janvier 1856, elle se décide à fonder l’Institut des Auxiliatrices des âmes du Purgatoire avec la double finalité d’« aider à tout bien quel qu’il soit » et d’« aller des profondeurs du Purgatoire jusqu’aux dernières limites de la terre ».

Les adversités se poursuivant, elle reste en contact avec le saint Curé qui ne cessera de prier pour elle et de l’exhorter. « Les croix que vous avez, lui fait-il dire, sont des fleurs qui bientôt donneront leur fruit.
Cette communauté ne peut manquer de réussir… Si Dieu est pour vous, qui sera contre vous ?… Une maison qui s’élève sur la croix ne craindra plus l’orage ni la pluie : c’est le sceau divin ».

Quand elle oriente sa congrégation vers l’éducation chrétienne des enfants, elle reçoit à nouveau des encouragements d’Ars : « Vous réalisez ainsi dans sa plénitude l’esprit de Jésus-Christ, en soulageant en même temps ses membres souffrants sur la terre et dans le purgatoire ».

En 1859, marquée par sa scolarité au Sacré-Cœur de Lille, elle adopte pour son institut les règles et les constitutions de la Compagnie de Jésus .

Sans jamais l’avoir rencontré

Après la mort du Saint Curé, l’œuvre se poursuit et s’étend. En 1863, elle fonde une maison à Nantes ; le 4 août 1867 – anniversaire de la mort du Saint – elle reçoit un appel pour la mission en Chine ; en 1869, elle fonde à Bruxelles. Elle meurt âgée de 45 ans à Paris le 7 février 1871, quarante jours avant la terrible insurrection de la Commune.

En 1957, Pie XII la béatifie en disant d’elle : « Que la charité envers les âmes souffrantes s’unisse intimement chez Eugénie Smet à l’apostolat le plus concret, le plus actif, le plus universel, voilà sans aucun doute un trait saillant de sa physionomie spirituelle et le cachet particulier que Dieu voulut lui donner ».

Ce charisme de fondatrice, elle l’aura exercé sous l’influence incontestable du Curé d’Ars, sans jamais toutefois le rencontrer ! Nouvelle et touchante expression de la communion des saints dans sa vie. Communion qui a pour source la Charité du Christ Lui-même : c’est elle qui unit les saints..

Extrait des Annales d’Ars n° 337 [mars-avril 2012].