Bienheureux Jean XXIII

[1881 - 1963]

Cinquante ans après son retour au Père, intéressons nous au pape qui consacra une Encyclique au saint Curé. Angelo Giuseppe Roncalli naît près de Bergame (Italie du Nord), quatrième d’une famille modeste de quatorze enfants. Après le petit et le grand séminaire, il est ordonné prêtre le 10 août 1904. Il devient secrétaire de l’évêque puis professeur d’histoire de l’Église au séminaire de Bergame et, pendant la guerre, aumônier militaire. Pressenti pour travailler au Vatican, il répond : « Je suis un homme capable de peu. J’écris très lentement. Paresseux de nature, je me laisse facilement distraire dans mon travail » . Le pape le nomme néanmoins à la Propaganda Fide (1). En 1925, il est envoyé comme délégué apostolique puis évêque en Bulgarie (orthodoxe). Par sa bonhommie et son sens pastoral, il fait tomber les tensions entre communautés. Promu dix ans après délégué apostolique (avec titre d’archevêque) en Turquie et en Grèce , il est à nouveau confronté à une situation délicate. Pendant la guerre, il se dépense pour porter secours aux victimes des nazis. Nommé nonce à Paris fin 1944, il règle habilement la délicate question des évêques compromis avec le régime de Vichy. Son côté peu protocolaire et chaleureux déconcerte mais désamorce bien des conflits… Premier observateur du Saint-Siège à l’UNESCO, il est nommé en 1953 patriarche de Venise puis, la même année, Pie XII le crée cardinal . Après un conclave laborieux, il est élu 261e pape le 28 octobre 1958. Celui que l’on appelle « le pape de transition » crée la surprise le 25 janvier 1959 en convoquant le deuxième concile du Vatican qu’il ouvre le 11 octobre 1962. Le 1er août 1959, il signe l’Encyclique Sacerdotii Nostri Primordia consacrée au Curé d’Ars (centenaire de sa mort). Il y témoigne de l’importance de saint J-M Vianney pour son sacerdoce et de la grâce d’avoir été ordonné prêtre peu après sa béatification et évêque l’année de sa canonisation… Son Encyclique a pour but de « le présenter au monde entier comme un modèle d’ascèse sacerdotale, un modèle de piété et surtout de piété eucharistique, un modèle de zèle pastoral » . Dans un premier temps, il traite de son ascèse et de sa manière de vivre les conseils évangéliques. Puis la deuxième partie développe sa vie de prière et sa foi eucharistique. Il remarque que sa prière « était surtout une prière eucharistique » et d’en conclure : « C’est par la pratique d’un tel culte, éclairé et fervent envers l’Eucharistie, qu’un prêtre accroît sa vie spirituelle et que se forgent les énergies missionnaires des plus valeureux apôtres » . Enfin, il aborde son zèle pastoral à travers ses actions, ses prédications et catéchismes et, évidemment, ses innombrables confessions. Le pape conclut par cet appel à la jeunesse : « Malgré ces grandes difficultés, que nul ne doute du bonheur profond qui est le partage du prêtre fervent appelé par le Sauveur Jésus à collaborer à la plus sainte des œuvres, celle de la rédemption des âmes et de la croissance du Corps mystique. Familles chrétiennes, pesez vos responsabilités et donnez vos fils avec joie et gratitude pour le service de l’Église ! » . Atteint de deux cancers, il meurt le 3 juin 1963 . Celui qui très tôt gagna le surnom de « Bon pape Jean » sera béatifié le 3 septembre 2000.

Extrait des Annales d’Ars n° 345 [juillet - août 2013].