Docteur SAUNIER

Grands témoins d’Ars contemporains ou amis du Saint Curé : Docteur SAUNIER

Docteur SaugnierDocteur Saunier

Un médecin pour Ars

Parmi les proches du Curé d’Ars, on ne peut ignorer son médecin, le docteur Jean-Baptiste Saunier. « Mon cadavre n’a pas besoin de beaucoup de choses », disait M. Vianney, et pourtant il aura recours à un médecin. C’est lui qui l’avait choisi ; vers 1835 M. Vianney, en visitant des malades à l’hôtel-Dieu de Lyon, rencontrera le docteur.

Percevant la nécessité d’un médecin près de sa paroisse il lui dit : « Après cela, vous viendrez vers moi à Ars. Le pays est décimé par des fièvres. On y a besoin de vous ». Non sans hésitation, le docteur cèdera aux souhaits du saint Curé.

De Lyon jusqu’à Ars

Il habitera d’abord Villeneuve, pour s’installer plus tard avec sa femme et ses deux enfants à Sainte Euphémie (5 km d’Ars).

C’est surtout la “grande maladie” du Curé d’Ars en 1843 qui va toucher le médecin. Beaucoup avaient perdu espoir. Le Dr Saunier remarquait : « Voici le dernier combat. C’est la fin ! Il n’a plus que 30 ou 40 minutes à vivre ».
Quelques heures plus tard, on célèbre la messe pour lui et ce fut la guérison ! Son médecin aura l’audace d’obliger le Saint Curé à se reposer et à se nourrir convenablement. M. Vianney obéira comme un enfant à la volonté de son médecin.
Ce dernier n’hésitait pas à s’adresser à l’évêque pour renforcer son autorité. Le Curé d’Ars, contraint à manger plus soupirait :
— Je suis devenu gourmand… je ne suis pas tant à mon aise quand je vais me confesser !
Bien vite il retrouvera son rythme de confesseur de 12 à 16 heures par jour !

Homme de sicence

Lors de ses visites auprès des malades d’Ars, le Dr Saunier entendra les différentes histoires sur M. Vianney et sur le grappin qui tourmentait sa vie.

Probablement il en a eu aussi connaissance par les témoignages du curé lui-même.

Homme de science il donnera au Procès de Béatification deux déclarations scientifiques importantes pour montrer l’équilibre physique et mental de son patient, qu’il aura soigné pendant plus de 20 ans.
En 1859, affaibli et souffrant de la chaleur de l’été, M. Vianney se voit obligé de rester alité dès la fin du mois de juillet.
On appelle le médecin :
— C’est inutile dit M. Vianney, le médecin n’y fera rien… ni cette fois sainte Philomène…
— Il me reste 36 francs, donnez-les à M. Saunier,… et puis qu’il ne revienne plus, je ne pourrais pas le payer .
Mais que de fois le médecin avait refusé ses honoraires…

Chevalier de l’Ordre de Saint Sylvestre

Il restera auprès du mourant jusqu’à la fin. C’est avec grande tristesse qu’il perdra son saint patient devenu son ami : « Mes rapports avec le serviteur de Dieu étaient ceux de l’intimité ; je n’ai jamais vu en lui qu’un modèle accompli de toutes les vertus ».

Plus tard, pour récompenser le dévouement infatigable du Dr. Saunier envers la Providence d’Ars, les orphelines et les pauvres, et sa grande sollicitude envers M. Vianney, Pie IX le fera chevalier de l’Ordre de Saint Sylvestre, [à cette époque il n’y avait que 27 chevaliers dans le monde !].

Extrait des Annales d’Ars n° 330 [Janvier - février 2011].