Frère Athanase

Grands témoins d’Ars contemporains ou amis du Saint Curé : Frère Athanase

Frère Athanase [1825-1912]

Frère Athanase

Instituteur et cérémoniaire

Enseignant

« Frère Athanase, c’est le vrai religieux » remarquait un jour M. Vianney au supérieur des frères. En 1849 (le Curé d’Ars a alors 63 ans) arrive à Ars un nouveau religieux, le frère Athanase Planche, des frères de la Sainte Famille de Belley. Accompagné de son supérieur et fondateur, le frère Gabriel Taborin, il rejoint la paroisse où d’autres frères sont déjà installés. Sur demande du Curé d’Ars, il arrive comme enseignant à l’école des garçons ; il va vite devenir une figure légendaire d’Ars… durant ses 63 ans de présence dans ce village !

Né à Chalons en 1825, ayant un véritable charisme d’enseignant, il va prendre en main la nouvelle école de garçon ouverte par M. Vianney en 1847. Instituteur compétent, aimé et respecté, il conservera sa fonction durant plus de 50 ans. Il verra la construction du pensionnat de garçons, béni par le Curé d’Ars en 1856. En 1872, il fera construire un nouveau bâtiment (l’actuelle Maison S. Jean) qui comptera jusqu’à 80 élèves. Il instruira des générations d’enfants qui lui vouèrent une véritable vénération.

Cérémoniaire

Le Frère Athanase fut aussi maître des cérémonies à l’église en lien avec Frère Jérôme, le sacristain : messes quotidiennes, diverses célébrations, processions, mort du saint Curé, début des pèlerinages… il remplit son office à l’église pendant 40 ans. C’est à cette occasion qu’il rapportera cette histoire : une nuit de Noël, après la consécration, M. Vianney tint l’hostie devant lui semblant lui parler, mêlant larmes et sourires. « Que faisiez-vous donc ? » demanda le frère - « Il m’était venu une drôle d’idée. Je disais à Notre Seigneur : si je savais que j’eusse le malheur de ne pas vous voir pendant l’éternité, puisque je vous tiens maintenant je ne vous lâcherais plus ! ».

Il eut ainsi le privilège de vivre à côté d’un saint pendant les 10 dernières années de la vie de M. Vianney, et d’être appelé par lui “son camarade”. Témoin habituel de l’héroïcité de son curé, il l’admirait mais ne s’étonnait plus de rien… Pendant ses premières années de présence à Ars, il regarda vivre un saint, s’édifia de ses vertus, admira son humilité, s’émerveilla de sa charité. C’est à lui que le Curé d’Ars confiera qu’un jour il avait demandé à Dieu de percevoir sa misère, qu’il avait été exaucé mais que sans le secours de Dieu il aurait sombré dans le désespoir.

Secrétaire de la mairie d’Ars

Il fut aussi durant 61 ans (jusqu’en 1910) le secrétaire de la Mairie d’Ars, bâtiment contiguë à celui de l’école des garçons. Il mit ses compétences au service de la cité pour transmettre l’héritage du Curé d’Ars, et être au milieu des habitants la mémoire vivante de leur saint pasteur et la manifestation de sa charité.
Aimé et vénéré de tous il mourut le 17 juin 1912 (à 97 ans !) ; il repose aujourd’hui à l’ancien cimetière d’Ars, à côté de ses frères et des différents desservants d’Ars.

Article extrait des Annales d’Ars n° 315 [juillet-août 2008].