Léon Papin Dupont

Grands témoins d’Ars contemporains ou amis du Saint Curé : Léon Papin Dupont

Leon Papin DupontLéon Papin Dupont [1797-1876]

Le saint de Tours

Léon Papin Dupont, surnommé déjà de son vivant le saint de Tours, naît le 24 janvier 1797 à la Martinique, dans une famille d’origine bretonne.

Il rejoint la France pour sa scolarité dans un contexte politique tendu. Il obtient une licence de droit à Paris et devient magistrat. Sa bonne situation lui permet une vie facile.

Première conversion

En 1820, au contact de la Congrégation de la Sainte Vierge, il découvre que la foi suppose une exigence de vie plus élevée. C’est une première conversion qui le rend fidèle à la messe quotidienne, à ses devoirs religieux et aux œuvres de charité.

Il rentre en Martinique où il épouse en 1827 Caroline d’Audiffredy qui décèdera six ans plus tard, lui laissant une fillette de dix mois. À cause de la santé de celle-ci, il regagne la métropole et s’installe à Tours.

Sa foi profonde marque plus d’une personne. Fin connaisseur des Écritures, M. Dupont est un familier de l’Eucharistie au point de lancer l’Adoration nocturne des hommes.

Il est aussi rempli d’une grande dévotion à saint Martin, évêque de Tours. Choqué dès son retour en France par le climat violemment anticlérical et même antireligieux de son époque, il réagit et comprend que sa foi doit se manifester par une ardente charité. Il se consacre à des œuvres caritatives et crée le Vestiaire de saint Martin pour distribuer des vêtements aux pauvres, à l’exemple du Saint de Tours…

La rencontre avec le saint curé

En 1847, il profite d’un voyage à La Salette pour rencontrer comme il le désirait depuis longtemps le Curé d’Ars. « Mais comment pourrai-je me frayer un passage au milieu de la foule qui se presse toujours autour de lui dès qu’il sort de l’église ? ».

À sa plus grande surprise, le saint Curé avance vers lui et d’un regard très doux lui dit :

Mon cher ami, qu’il sera bon de nous retrouver un jour dans le ciel et de chanter les louanges de notre Dieu !

C’était évidemment la première fois qu’ils se rencontraient ! Quatre ans après, il place dans son salon de Tours une image de la Sainte Face (la même que celle que J-M Vianney avait accrochée dans son presbytère…).

Les miracles qui se produisent les jours suivants la rendent célèbre. M. Dupont va œuvrer jusqu’à sa mort à la propagation du culte à la Sainte Face de Jésus dans l’esprit de sœur Marie de Saint-Pierre, une carmélite de Tours qui avait reçu des révélations à ce sujet.

Les reliques de Saint Martin de Tours

Il demande aussi la permission au Pape de reconstruire une basilique en l’honneur de saint Martin à l’emplacement de l’église qui avait été détruite. Avec l’accord de Mgr Guibert, il fait des recherches archéologiques qui aboutiront en 1860 à la découverte des reliques de saint Martin dans une cave murée.

Les dernières années de sa vie sont douloureuses car marquées par une maladie paralysante. Mais il parvient à l’offrir sans se plaindre et en affirmant : « Le principal et l’essentiel, c’est d’arriver à la connaissance amoureuse de Dieu ». Il meurt à Tours le 18 mars 1876 à 79 ans. Il est déclaré vénérable par le pape Léon XIII en 1883.

Article extrait des Annales d’Ars n° 341 [novembre-décembre 2012].