Marie Béluse

Grands témoins d’Ars contemporains ou amis du Saint Curé : Marie Béluse

Marie Béluse

Marie Béluse [1753-1811]

La maman du saint curé

Parmi les témoins et les personnes qui ont approché Jean-Marie Vianney, comment ne pas citer sa maman ! Femme réaliste et pratique, Marie Béluse, fille de Pierre Béluse et de Marguerite Tabard, est née en 1753 ; elle se maria avec Mathieu Vianney le 11 février 1772 à Écully. Vivant à Dardilly (nord de Lyon) où Mathieu est cultivateur, ils auront 6 enfants, dont le 4e sera Jean-Marie.
Jean-Marie Vianney a beaucoup reçu de sa mère et il en était très reconnaissant. Il remarquait fréquemment qu’on ne saurait jamais être assez reconnaissant des bienfaits reçus d’une mère chrétienne « la vertu passe si bien du cœur des mères à celui des enfants… ».

Le Bon Dieu

Elle lui a donné le sens de Dieu, de la vie avec Dieu. C’est elle la première qui lui apprendra à prier, à connaître Dieu et à l’aimer. Elle lui enseignera à vivre sous son regard, c’est-à-dire en toute vérité, en toute simplicité avec Lui. Cette qualité le guidera toute sa vie, dans les moments plus difficiles où il ne perçoit pas la volonté de Dieu, ainsi que dans les périodes plus paisibles. Sa familiarité avec le “Bon Dieu” qui surprendra tant ses proches, vient certainement de cette habitude prise dès l’enfance. De cette intimité naît l’authenticité d’une vie chrétienne.

Marie Béluse lui avait appris à se tourner vers Dieu quand l’horloge de la ferme de Dardilly sonnait les heures, et à confier ainsi ses occupations, ses joies ou ses peines à Jésus. Une des premières choses qu’il fera en arrivant à Ars sera de relever le clocher et d’y installer une pendule ; il pourra ainsi inviter ses paroissiens, lorsque les cloches sonnent, à tourner leur cœur vers le Seigneur.
Il sera tellement marqué par l’exemple de sa Maman, qu’une des raisons de la création de la maison de Providence sera pour le Saint Curé, de “former des Mamans”. Il pensait que la meilleure façon de gagner le cœur de ses paroissiens et de les tourner vers Dieu était de passer par les mères de famille ; son œuvre d’évangélisation passera par là.

Elle savait…

Sa Maman avait pressenti, comme c’est souvent le cas pour les mamans, l’ampleur de l’appel de Dieu sur ses enfants et tout spécialement sur son Jean-Marie. Petit, elle lui avait dit un jour : « tu vois Jean-Marie, si tes frères et sœurs péchaient (dans le sens de gravement) cela me ferait de la peine, mais surtout si c’était toi ». Quand il lui dira, déjà grand, sa volonté de devenir prêtre, elle lui répondra : « tu sais, cela fait longtemps que je le sais ».
Elle a donc porté et accompagné la vocation de son fils, même si elle partira trop tôt pour le voir prêtre. Devenu pasteur d’âmes, il pressentira bien souvent la profondeur de l’appel de Dieu sur ceux qui venaient à lui et il les aidera à répondre de tout leur cœur à cet appel. Le “charisme” de la maman a engendré et porté celui du curé. Elle mourra le 8 février 1811 ; « Depuis que je l’ai perdue je ne me suis plus attaché à personne sur la terre » remarquait son saint fils….

Extrait des Annales d’Ars n° 334 [septembre-octobre 2011].