Monseigneur Claude SIMON

Grands témoins d’Ars contemporains ou amis du Saint Curé : Monseigneur Claude SIMON

Mgr Simon [1744-1825]
Mgr Claude Simon

Évêque de Grenoble

Juin 1815. Napoléon doit abdiquer quelques jours après la cinglante défaite de Waterloo du 18 juin. L’archevêque de Lyon, le cardinal Fesch, quoique de grande qualité et d’une loyauté exemplaire envers Rome, se voit reprocher d’être l’oncle de l’Empereur en déroute et doit fuir son diocèse.
C’est ainsi que le jeune diacre Jean-Marie Vianney, dont la cause avait été plaidée avec force par l’abbé Balley à l’archevêché, allait être ordonné prêtre des mains de Mgr Simon, évêque de Grenoble. C’est ce même prélat qui l’avait ordonné sous-diacre le 2 juillet 1814 et diacre le 23 juin 1815 à la primatiale Saint-Jean de Lyon. S’il était d’usage que le remplaçant du cardinal se déplace à Lyon, le fait que l’abbé Vianney soit alors le seul appelé au sacerdoce, l’obligeait à faire le déplacement à pied jusqu’à Grenoble. En plus de la chaleur estivale, le diacre de vingt-neuf ans devait braver un Dauphiné parsemé de troupes autrichiennes depuis la défaite de Napoléon.

JM Vianney ordonné prêtre

C’est le samedi 12 août au soir que le futur Curé d’Ars arrive dans la capitale dauphinoise pour y être ordonné prêtre le lendemain. On connaît cette célèbre réponse de l’évêque à un vicaire général lui faisant remarquer qu’il s’était bien fatigué pour l’unique ordinand : « Ce n’est pas trop de peine pour ordonner un bon prêtre ». Parole ô combien prophétique ! Parole révélatrice aussi de cet évêque « profondément pieux, plein de cœur et de condescendance ».

Claude Simon était né à Semur-en-Auxois (Bourgogne) le 15 novembre 1744. Chanoine à Avallon, puis vicaire général d’Autun, il est désigné évêque de Grenoble en juillet 1802 par Bonaparte et sacré en l’église Saint-Roch à Paris le 8 août.

Une volonté de réconciliation

Retardé par une maladie, il ne fait son entrée à Grenoble que le 7 octobre. Dès son installation, Mgr Simon marque sa volonté de réconciliation en demandant à tous les prêtres présents, « à quelque parti qu’ils appartinssent », d’échanger le baiser de paix.
Dans une lettre du 17 novembre, il affirme que l’autorité de l’Église est « l’égale et la sœur de l’autorité civile », que « Il y a unité dans le corps sacerdotal […] ; vos répugnances, vos prédilections, vos affections particulières doivent se fondre et se perdre dans le sentiment d’obéissance que nous devons à l’Église ».
Un vent de liberté soufflant à nouveau sur l’Église, Mgr Simon s’attache à reconstruire son diocèse en réconciliant les prêtres réfractaires et ceux qui avaient adhéré aux idées de la Révolution.

Ce souci des prêtres et des vocations s’illustre encore en 1806, lorsqu’il installe le Grand Séminaire dans les locaux rénovés de l’ancien couvent des Minimes, rue du Vieux-Temple.
C’est dans la chapelle du Séminaire qu’il ordonne prêtre Jean-Marie Vianney.
Il fait revenir les Ursulines en 1801, les Chartreux vers 1815 et fonde le Petit Séminaire en 1818. Il recréé le Chapitre cathédral et dote la cathédrale qui avait été pillée à la Révolution.

Ferme envers tous sur les principes, il se montre souple dans leur application et réussit, avec le temps, cette œuvre de réconciliation. Il meurt le 3 octobre 1825.

Extrait des Annales d’Ars n° 336 [janvier-février 2011].