Monseigneur Devie

Grands témoins d’Ars contemporains ou amis du Saint Curé : Monseigneur Devie

Monseigneur devieMonseigneur Devie [1823-1852]

Gravure issue des archives du Sanctuaire d’Ars

“Évêque du Curé d’Ars”

Durant son ministère à Ars, Jean-Marie Vianney connaîtra 3 évêques successifs sur le siège épiscopal de Belley. Dissous en 1802, le diocèse est rétabli en 1823, et Mgr Devie en devient alors l’évêque. Lui succèderont, Mgr Chalandon en 1852 et Mgr de Langalerie en 1857. De part sa longue présence, c’est surtout Mgr Devie qui suivra le plus le saint Curé (de 1823 à1852) ; il recevra même le titre “d’évêque du Curé d’Ars”. Il le soutiendra inlassablement dans les difficultés et contre ses différents détracteurs. Mis à part son désir de changement de paroisse auquel il s’opposera toujours, Mgr Devie ne fera rien pour entraver l’œuvre de Jean-Marie Vianney.

C’est en 1767 qu’Alexandre-Raymond Devie voit le jour. À l’âge de 16 ans il entre au séminaire de Viviers. Son application lui permettra d’être parmi les premiers. En 1785 il y poursuit sa formation théologique en vue de se préparer au sacerdoce. Le 6 septembre 1790, il est ordonné diacre. Mais son évêque prêtant serment à la Constitution Civile du Clergé quelques mois plus tard – causant ainsi une grande division dans le clergé – le jeune diacre décide de ne pas se faire ordonner par son évêque. Il se rend alors à Nice où il recevra de nouveau l’appel au sacerdoce.

C’est le 31 octobre 1791, de manière clandestine qu’il sera finalement ordonné par l’évêque de Vaison. Sa première Messe sera célébrée dans une ferme à Montélimar.

Pendant la Révolution, l’Abbé Devie se cache à Montélimar chez une personne qui lui offrait un asile sûr. Durant cette période troublée, la Providence su le soustraire aux mains de ses persécuteurs… Suite au Concordat (réouverture des églises en 1801), l’abbé Devie est nommé dans la paroisse Sainte Croix de Montélimar où il s’acquittera de ses fonctions avec ardeur. Il deviendra quelques temps après (1811) supérieur du séminaire de Viviers puis, en 1815 (l’année de l’ordination de J-M Vianney) il est nommé vicaire général du diocèse de Valence. Il est consacré évêque de Belley en 1823.

Le diocèse du Belley

Durant tout son épiscopat dans ce diocèse, le Curé d’Ars aura une grande estime pour son évêque. Un jour, suite à des plaintes reçues à l’évêché, Mgr Devie diligentera le curé de Trévoux pour enquêter sur M. Vianney. Mais l’évêque, malgré ces premières interrogations, soutiendra toujours son “saint Curé”.

Quand l’Abbé Tailhades, après deux mois passés à Ars rencontrera Mgr Devie, celui-ci l’interrogera : « Que pensez-vous du Curé d’Ars ? » - « je le crois un saint » répondit le jeune prêtre ; « Je pense comme vous » rétorqua l’évêque. À des prêtres qui critiquaient M. Vianney, il répondra un jour : « Je ne sais si le Curé d’Ars est instruit, mais il est éclairé… ».

Le Curé d’Ars notait un jour : « Je dis quelquefois à Mgr Devie : Si vous voulez convertir votre diocèse, il faut faire des saints de tous vos curés ». En 1852, Monseigneur Devie mourra des suites d’une douloureuse maladie. Quelques temps après, Jean-Marie Vianney remarquait : « Je suis étonné que Mgr. Devie ne fasse pas de miracles… ».

Extrait des Annales d’Ars n° 326 [mai-juin 2010].