Monseigneur Mathias LORAS

Grands témoins d’Ars contemporains ou amis du Saint Curé : Monseigneur Mathias LORAS

Mgr Mathias LorasMonseigneur Loras [1792-1858]

L’évêque qui gifla le Curé d’Ars

L’évêque qui gifla le Curé d’Ars… Ainsi va l’histoire ! L’évêque en question fut le jeune condisciple du futur Curé d’Ars, et la scène se passa quand ils étaient enfants tous les deux !

Issu d’une famille bourgeoise et cultivée, Mathias Loras naît à Lyon en 1792, en pleine révolution française. Son père mourra guillotiné en 1793, en disant : « J’ai fait les choses dont je suis accusé. Il s’agit d’un crime aux yeux de votre tribunal, j’espère que le tribunal divin jugera autrement ».
Sa maman, prise par de multiples tâches confie Mathias à une nourrice pendant quelques années. C’est un garçon intelligent et pieux, car la religion a une place essentielle dans la vie des Loras. C’est ainsi que Mathias, à côté de deux de ses sœurs, va choisir une vie donnée au Seigneur. La source de sa vocation se retrouve peut-être dans le témoignage et le martyr de son père.

Des études communes

La famille se tourne alors vers l’Abbé Balley, curé d’Écully et ami de la famille ; c’est chez eux qu’il s’était caché pendant la Révolution. Il venait d’ouvrir une “école” pour aspirants au sacerdoce dans son presbytère. Mathias y entre en 1804 à 12 ans. Deux ans plus tard, Jean-Marie Vianney le rejoint âgé lui de 20 ans.
Venant d’une famille simple, humble, moins cultivée, il avait moins de facilité pour les études. On demandera à Mathias d’aider Jean-Marie, surtout pour le latin. La personnalité de Jean-Marie Vianney l’impressionnera, même si la vie quotidienne n’est pas toujours facile.
Malgré l’aide de Mathias, Jean-Marie n’arrive pas à faire beaucoup de progrès. Un jour, impatient devant la lenteur de son condisciple, Mathias gifle son aîné. L’humilité de Jean-Marie lui permet de se dominer ; il se met à genoux et demande humblement pardon pour sa lenteur. Touché par une telle attitude, Mathias demandera pardon à son tour. Les deux garçons réconciliés resteront toujours amis, même quand la distance les séparera.

Évangélisateur

En novembre 1815, à l’âge de 23 ans, Mathias devient prêtre. Il restera près de 10 ans au petit séminaire de Meximieux (Ain), où il sera successivement professeur puis supérieur en 1817. C’est lui aussi qui viendra bénir la nouvelle chapelle S. Jean-Baptiste chez son ami devenu curé d’Ars, le 24 juin 1823. En 1820, les Pères de la Croix de Jésus l’invitent à rejoindre leur congrégation ; c’était un signe de reconnaissance pour ce professeur et cet éducateur brillant. Il devient alors prêtre des Chartreux, nom sous lequel ils étaient plus connus. En 1824 il est nommé au séminaire de l’Argentière (Ardèche) comme supérieur. Sur la proposition d’un évêque missionnaire des Etats-Unis de passage, il rejoint le diocèse américain de Mobile et devient successivement supérieur d’un collège puis vicaire général. Nommé évêque du nouveau diocèse de Dubuque (Iowa) en 1837, il passera ses 19 années d’épiscopat à évangéliser avec zèle cette région. Il y restera jusqu’à sa mort subite en février 1858, un an avant la mort de son ami d’Ars.

Extrait des Annales d’Ars n° 327 [juillet-août 2010].