Pauline Jaricot

Grands témoins d’Ars contemporains ou amis du Saint Curé : Pauline Jaricot

Pauline Jaricot [1754-1832]

Pauline Jaricot

Fondatrice de la Propagation de la foi

Seconde conversion

M. Vianney rencontra pour la première fois Pauline Jaricot vers 1816, alors qu’il était vicaire à Écully. Née à Lyon le 22 juillet 1799, elle était la fille d’un commerçant lyonnais.
À 17 ans, elle connut une “seconde conversion” à la suite d’une maladie et d’un sermon entendu à l’église St. Nizier. Elle vécut alors simplement et se dévoua envers les malades et les pauvres ; sa joie était de rester adorer le Seigneur.
Habitant près de Lyon, son père invitait souvent les prêtres voisins, et c’est ainsi que le curé d’Écully amena son jeune vicaire. Lors de cette rencontre, Pauline raconta à M. Vianney le récent passage chez eux de frères de Saint Jean de Dieu venus quêter pour leurs malades. Ils avaient parlé d’une jeune martyre, dont les ossements venaient d’être découverts à Rome : elle attirait beaucoup de monde, faisait des miracles et s’appelait Philomène…

Œuvre de la Propagation de la foi

Quand M. Vianney fut nommé à Ars, il ne rompit pas ses liens avec la famille Jaricot ni avec Pauline, ne craignant pas de leur demander un soutien financier… En 1819, à 20 ans, Pauline se sentit poussée à secourir les missions de par le monde ; elle mis en œuvre des chaînes de prière et des collectes de dons pour subvenir à l’annonce de l’Évangile ; l’Œuvre de la Propagation de la foi était née. Quelques années plus tard, elle fonda le Rosaire vivant, chaîne de prière afin d’intercéder pour la chrétienté.

Le pèlerinage se Saint Philomène

Lors de ses visites à Ars, M. Vianney l’encourageait dans ses œuvres de charité. Ayant une vraie dévotion pour les martyrs des premiers siècles, il reçut un jour de Pauline un cadeau qui le remplit de joie, une relique de Ste Philomène.
Le nombre de pèlerins commençant alors à augmenter à Ars, plusieurs guérisons ou faits extraordinaires attiraient les curieux : Monsieur Vianney ne savait que faire. Il exposa la relique dans son église et il lui attribua vite tout ce qui arrivait d’extraordinaire. En 1834, de retour d’un pèlerinage à Mugnano (Italie), Pauline lui offrit une petite châsse contenant une statue de sainte Philomène qu’il plaça dans sa chambre. Lors de l’incendie qui la ravagea en 1857, les flammes s’arrêtèrent à la limite du reliquaire…

En mars 1859, Pauline Jaricot, alors âgée de 59 ans, passa une dernière fois à Ars. Transie de froid, on l’a fit monter dans la chambre de M. Vianney et celui-ci se précipita pour y allumer un feu.
Devant son incapacité à le faire, Pauline lui dit : « Monsieur le Curé, n’essayez pas de remédier au froid ; j’y suis habituée. Réchauffez plutôt ma pauvre âme par quelques étincelles de foi et d’espérance ».
Il la réconforta en lui parlant de la bonté du Seigneur. Au moment de repartir, il lui remit une petite Croix de bois pour méditer les mystères douloureux, puis il la bénit ; ce fut leur dernière entrevue. Pauline Jaricot mourut le 9 janvier 1862, à 62 ans. Son œuvre missionnaire continue de se répandre dans le monde.

Article extrait des Annales d’Ars n° 315 [septembre-octobre 2008].