Père Antoine CHEVRIER

Grands témoins d’Ars contemporains ou amis du Saint Curé : Père Antoine CHEVRIER

Père Antoine ChevrierPère Antoine Chevrier [1826-1879]

Marqué par la misère

Né à Lyon en 1826 (le Curé d’Ars a alors 40 ans), Antoine Chevrier est issu d’une famille de condition modeste. Il entre au séminaire Saint Irénée et sera ordonné prêtre pour le diocèse de Lyon en 1850. Envoyé alors comme vicaire à la paroisse S. André de la Guillotière, dans un quartier pauvre et ouvrier de Lyon, il y découvrit la misère, sous toutes ses formes. Il en restera à jamais marqué.

L’appel

Durant la nuit de Noël 1856, en priant devant la crèche, il se sent appelé à suivre Jésus au plus près dans son amour pour les hommes, par la pauvreté, l’humilité et le renoncement. Il décida alors de tout quitter et de vivre le plus pauvrement possible. Il éprouva le besoin d’être conforté dans cette vocation particulière, et il alla voir à Ars Jean-Marie Vianney, au début de l’année 1857.
Celui-ci l’encouragea fortement et gardera toujours un fort souvenir de lui : « Dieu veut votre œuvre, lui dit le Saint Curé, mais avant, beaucoup de difficultés ». Le Curé d’Ars n’hésitera pas à envoyer vers lui des pénitents ou des personnes cherchant à se donner davantage.
En 1857, il rejoint C. Rambaud qui venait de fonder une cité ouvrière pour accueillir les victimes des inondations catastrophiques de 1856. Le Père Chevrier se consacre alors à l’éducation religieuse des enfants et des jeunes dans cette cité.

Évangéliser les pauvres

En 1860, il acheta une immense salle de danse, appelée “le Prado” à la Guillotière, dans laquelle il construisit déjà une chapelle. Il y accueillit des jeunes adolescents pauvres du quartier pour leur faire l’école et surtout pour les catéchiser ; ainsi naquit l’œuvre du Prado. Pour lui : « évangéliser les pauvres, c’était la grande mission de Jésus-Christ sur la terre ». Comme il se refusait à faire travailler les enfants, ce furent principalement des gens pauvres qui l’aidèrent à faire fonctionner cette institution ; des ouvrières de la Croix Rousse à Lyon, mettaient ainsi chaque semaine un peu d’argent de côté pour les enfants du P. Chevrier.

En 1866, il fonda au Prado une “école cléricale” pour former des prêtres qui “comprennent et connaissent les pauvres”. Ceci donnera l’Association des prêtres du Prado qui connaîtra, après sa mort, un large essor. Il écrira pour eux, peu avant de mourir, ”Le véritable disciple ou le prêtre selon l’Évangile”, où il rassemble ses pensées sur le sacerdoce et la formation des prêtres. « Le prêtre est un homme dépouillé, le prêtre est un homme crucifié, le prêtre est un homme mangé » remarque-t-il.

Il meurt d’épuisement et de maladie le 6 octobre 1879 (20 ans après le Curé d’Ars). Des milliers de pauvres et d’ouvriers de la Guillotière l’accompagnent vers sa dernière demeure. Il fut béatifié par le Pape Jean-Paul II en 1986 à Lyon, deux jours avant sa venue à Ars.

Extrait des Annales d’Ars n° 328 [septembre-octobre 2010].