Père Georges Finet

Grands témoins d’Ars contemporains ou amis du Saint Curé : Père Georges Finet

Père Georges FinetPère Georges Finet [1898-1990]

Ressentir l’appel de Dieu à Ars

S’il n’est pas contemporain du Curé d’Ars, le père Georges Finet est néanmoins un des nombreux témoins de la grâce d’Ars et de l’intercession du Saint Curé pour les vocations. Fils de Ludovic et Marie-Antoinette Finet, Georges naquit le 6 septembre 1898 dans une famille de la grande bourgeoisie catholique de Lyon. Il a deux frères dont un, Pierre, deviendra jésuite et trois sœurs dont une sera petite Sœur de l’Assomption.

Une rencontre avec Marthe Robin

De lui, on connaît surtout son long ministère comme responsable des Foyers de Charité et prédicateur de retraites sous l’intuition de Marthe Robin à Châteuneuf-de-Galaure (Drôme) de 1936 à 1990. Rien ne le prédestinait à cela : il est citadin, prêtre diocésain et sous-directeur de l’enseignement libre du diocèse de Lyon. Mais une rencontre avec Marthe Robin le 10 février 1936 va être déterminante pour la suite. A la fin de sa vie, il aura vu l’érection de près de 80 Foyers de Charité à travers le monde et aura prêché 486 retraites spirituelles !

Mais c’est ici l’éclosion de sa vocation, moins connue, qui nous intéresse particulièrement.

Fidèle à ses origines, il est envoyé dans la prestigieuse pension lyonnaise des Chartreux où la formation s’achève par une retraite spirituelle. Elle a lieu à Ars fin mai 1915 et est prêchée par Mgr Saint-Clair, spécialiste de ces retraites. Laissons au père Finet le soin de témoigner de cet événement :

C’est entre 4 heures et 5 heures de l’après-midi [du samedi 29 mai 1915] que nous avons eu une visite au Saint-Sacrement qui, dans ma vie, a orienté toutes mes décisions. Et c’est dans la petite chapelle de la Providence que le Saint-Sacrement était exposé. […] Je vois encore l’endroit où j’étais agenouillé : vers le tournant de la première marche, à ma gauche un de mes camarades [Alfred Ancel] qui, lui, nous avait toujours dit qu’il se préparait pour succéder à son père à la tête d’importantes usines qui concernaient la teinture et la soierie. Et moi-même, je faisais également ma prière.

Être appelé

Et c’est en sortant de cette rencontre d’une demi-heure profonde avec Notre Seigneur, que sortant de la Providence, les deux jeunes gens, tout surpris, se sont fait […] leur confidence en se disant l’un à l’autre que c’était fait, qu’ils s’étaient sentis appelés dans l’intériorité même de leur cœur par un appel de Dieu, et un appel pour la vie sacerdotale, et que cette fois le oui était donné, et qu’il était définitif.
Toutefois dans leur émotion l’un et l’autre voulaient être sûrs de ne s’être pas trompés, et c’est à 6 heures du soir, à 6 heures et demie exactement, qu’ils sont allés trouver le bon prédicateur qui dirigeait ainsi tous les exercices.
Et j’ai noté la réponse qu’il m’a faite : ‘‘Oui, soyez un bon prêtre’’ »

Plus tard il témoignera : « Oh ! mes enfants, quand on a dit oui à Dieu, quelle joie on a dans le cœur. Et dans les notes de ma retraite, je sens une émotion intense de joie qui dilate mon cœur. Et je crois pouvoir vous dire que cette joie a accompagné ma vie tout entière. » Il mourra le 14 avril 1990.

Extrait des Annales d’Ars n° 335 [novembre-décembre 2011].