Père Julien Eymard

Grands témoins d’Ars contemporains ou amis du Saint Curé : Père Julien Eymard

Père Julien EymardPère Julien Eymard [1811-1868]

Fondateur des pères du Saint Sacrement

Points communs avec le Curé d’Ars

Le Père Pierre-Julien Eymard et le Curé d’Ars ont reposé tous les deux successivement dans la même châsse ! (le Curé d’Ars de 1905 à 1925, et le P. Eymard désormais). En fait, beaucoup de points rapprochent ces deux saints qui furent deux amis.

Issus tous les deux d’une famille simple et croyante, ils furent touchés par leur première communion et la grâce de la présence réelle. Tous deux essuyèrent un refus paternel devant le désir de devenir prêtre. Devant les difficultés rencontrées, l’un parti en pèlerinage à La Louvesc et l’autre à ND du Laus.

Pierre-Julien Eymard sera finalement ordonné le 8 juillet 1834 dans la même chapelle que le Curé d’Ars (séminaire de Grenoble), et sera nommé deux ans et demi (même durée que J-M Vianney) vicaire à Chatte (Isère). Il devint alors curé de Monteynard. Les paroissiens des deux prêtres furent vite touchés par leur prière et leur sens du sacrifice ; on relèverait les mêmes observations dans les deux villages ! Nommé directeur du Collège de Belley en 1839, il entre dans la Société de Marie (maristes). Il en devint provincial en 1844 puis supérieur du Tiers Ordre de Marie en 1845.

Nouvelles fraternités

M. Vianney désirait appartenir à ce Tiers ordre fondé par le P. Collin, son condisciple de séminaire. Le P. Eymard vint à Ars le 8 décembre 1846 pour le recevoir comme membre. Enthousiasmé par les fruits de cette œuvre, M. Vianney en devint vite le promoteur. Julien Eymard permit alors au pasteur d’Ars d’accueillir les postulants et d’ériger de nouvelles fraternités : « je suis heureux de vous envoyer le diplôme qui vous donne tous les pouvoirs pour recevoir dans le tiers ordre de Marie… ».

C’est dans la chapelle de la Providence que se réunissaient les fraternités ainsi créées. En 1854, le P. Eymard vint souvent à Ars ; arrivé une fois mourant, M. Vianney pria pour lui et il en repartit guéri.

Apôtre de l’Eucharistie

En 1856, il se sentit poussé à fonder une nouvelle congrégation religieuse dont le but serait le culte du Saint-Sacrement. Il en parla au saint Curé qui bénit ce projet. Un jour, durant un catéchisme de 11h, il précisa même : « Le Bon Dieu prépare ses œuvres de loin.[…] nous en avons une preuve dans un saint prêtre qui est religieux ; Notre Seigneur a commencé par lui donner un amour pour le Saint-Sacrement. Il arrivera sûrement à ce que désire Notre Seigneur […] Ce religieux, c’est le P. Eymard, il aura beaucoup à souffrir, qu’il ne se décourage pas… ». Jusqu’au bout, le saint Curé soutiendra cette œuvre et ne cessa d’encourager le fondateur.

En mai 1859, eut lieu à Ars leur dernière entrevue. J-M Vianney déjà épuisé, se précipita dès qu’il sut l’arrivée du P. Eymard ; celui-ci lui rapporta les péripéties et les difficultés de son œuvre, mais il reçut la promesse des prières de M. Vianney. Le P. Eymard mourut à La Mure en 1868. Béatifié en 1925, canonisé en 1962, il est considéré comme l’apôtre de l’Eucharistie.

Extrait des Annales d’Ars n° 319 [mars-avril 2009].