Pierre Bossan

Grands témoins d’Ars contemporains ou amis du Saint Curé : Pierre Bosan

Pierre BossanPierre Bossan [1814-1888]

Architecte

Libre penseur

Si Pierre-Marie Bossan, n’avait pas un jour rencontré le Curé d’Ars, sa vie aurait certainement été différente, et l’aspect du petit village de la Dombes aussi…

Né en 1814 d’une famille modeste, il s’oriente très tôt vers l’architecture à l’école des Beaux-Arts de Lyon. Élève de Labrousse, architecte officiel de l’archevêché de Lyon, il commence la réalisation de nombreuses commandes. Plein d’ambition, alors libre-penseur éloigné de la foi, il se lance dans une carrière qui s’annonce florissante. En 1845, il part en Italie et en Sicile. Il y découvre la splendeur des basiliques romaines et la beauté de l’art byzantin. Conquis, il cherchera à s’inspirer de toutes ses découvertes pour « unir les grandeurs du catholicisme aux élégances antiques ».

Conversion intérieure à Ars

C’est en 1849 que le célèbre architecte passa à Ars, troublé par son voyage en Italie, par les vocations religieuses de ses deux sœurs dont il est le tuteur, et par des épreuves personnelles. Cette rencontre avec le Curé d’Ars va déboucher sur une véritable conversion intérieure. Toute sa vie, il gardera à Jean-Marie Vianney une forte reconnaissance : « Ars en me donnant la foi, m’a donné la liberté ».

Son œuvre devient alors habitée et l’expression de sa foi. Par un style “gréco-romano-gothique” inspiré de l’orient et de l’Italie, il cherche à créer “quelque chose“ de nouveau, vivant et dégagé de l’archéologie ou de la simple copie de styles anciens. Entouré d’artistes (sculpteurs, coloristes, peintres, dessinateurs…) il forme une véritable école qui essaimera et construira de nombreux édifices dans toute la région lyonnaise (Ars, Fourvière, La Louvesc, Lyon, l’Abbaye des Dombes,…). En 1850, il obtient le grand prix de Rome d’architecture.

Un projet pour la Basilique d’Ars

C’est en 1856 qu’il trace l’esquisse de ce qui va devenir la Basilique d’Ars. C’est pour lui une sorte d’Ex-Voto qui sera aussi un don fait au Curé d’Ars en action de grâce. Il précisera que cette “belle église” en l’honneur de Sainte Philomène, désirée par le Saint Curé, avait reçu de lui un accord enthousiaste. De son premier projet, il ne restera finalement que le chœur et le transept. La longue nef et la haute façade à deux tours (comme celle de Fourvière) ne verront jamais le jour ; la population d’Ars ne voulant pas voir disparaître ce qui allait devenir “l’église du Saint”, si riche en souvenirs, et qui aurait dû être détruite dans le projet de Bossan. Les travaux ne commenceront qu’en 1862, après la mort du Saint Curé.

Notre-Dame de Fourvière

Lorsque en 1871 est pris la décision de bâtir la basilique Notre-Dame de Fourvière, suite à la préservation de la ville de Lyon de l’invasion prussienne, c’est Bossan qui est choisi. Ce sera peut-être son chef d’œuvre, et c’est pour lui tout autant une expression de sa foi qu’une prouesse architecturale. C’est son adjoint, Sainte-Marie Perrin, qui terminera l’édifice, comme d’ailleurs celui d’Ars. Il passe ses dernières années à La Ciotat, dans une retraite de prière et de silence, et s’éteint en 1888 à l’âge de 74 ans.

Extrait des Annales d’Ars n° 321 [juillet-août 2009].