Saint Benoît-Joseph Labre

Grands témoins d’Ars contemporains ou amis du Saint Curé : Benoît-Joseph Labre

Saint Benoît Josephe LabreSaint Benoît-Joseph Labre [1748-1783]

Les chemins des saints se croisent parfois

Quel lien peut-il y avoir entre saint Benoît-Joseph Labre et le Curé d’Ars, alors que le second naît trois ans après la mort du premier ? C’est que la famille Vianney va être marquée par le passage en juillet 1770 dans leur ferme de Dardilly de celui que l’on surnomme le “Vagabond de Dieu”. Si l’événement ne fait aucun doute sur le plan historique, il est impossible que ce soit le grand-père de Jean-Marie qui l’ait accueilli, comme on le trouve rapporté parfois, puisque celui-ci est mort deux ans plus tôt… Il s’agit plutôt de son père, Mathieu Vianney.

Cet épisode rappelle que les chemins des saints se croisent parfois et que, certainement, la Providence divine favorise cela pour diffuser ses grâces ! « Qui sait, analyse Catherine Lassagne, si ce saint homme n’obtint pas du Ciel cet enfant de bénédiction, qui devait un jour conduire au ciel des milliers d’âmes ! ». Frère Jérôme rapporte que « le bienheureux Labre fut si bien accueilli dans la maison Vianney qu’il écrivit une lettre de reconnaissance. Le Curé d’Ars a parlé souvent de cette lettre. Il la donna plus tard à une personne qui l’en avait prié ». Aussi, le saint Curé orna-t-il son presbytère d’un tableau du futur saint. Mais qui est ce saint vagabond ?

La confiance en Dieu

Benoît-Joseph naît le 26 mars 1748 à Amettes (Artois), aîné d’une famille de quinze enfants. Discret et modeste, il est habité très jeune par une vie de foi profonde qui le prédestine, pense sa famille, au sacerdoce. Mais à dix-huit ans, après six années d’études auprès de son oncle curé, il fait part de son désir d’entrer au monastère.

Commence alors une période de nombreux essais de vie monastique en Chartreuse et à la Trappe. Mais aucun n’aboutit : sa santé fragile, ses angoisses et sa grande austérité dissuadent les supérieurs. Face à toutes ces difficultés, il garde confiance : « Le Bon Dieu m’assistera et me conduira dans l’entreprise qu’Il m’a Lui-même inspirée (…). J’aurai toujours la crainte de Dieu devant les yeux et son amour dans le cœur », écrit-il à ses parents à vingt-et-un ans.

Sa réputation s’étend

Rejeté de partout, il s’engage sur les chemins comme mendiant et pèlerin, au secours des nécessiteux. Il désire « savoir aimer ceux qui se sont perdus et les aimer dans leur perdition même ». Très vite, sa réputation de sainteté s’étend. Comme plus tard le Curé d’Ars, il devient membre du tiers-ordre franciscain et est animé d’une profonde vie d’oraison et de contemplation. Parmi ses nombreux voyages à pied, il se rend par deux fois à Rome et une fois à Saint-Jacques-de-Compostelle et à Lorette. À partir de 1778, il se fixe à Rome où il meurt âgé de 35 ans un mercredi Saint, le 16 avril 1783.

Il est béatifié le 20 mai 1860 par le pape Pie IX devant 40 000 personnes et canonisé le 8 décembre 1881 en la fête de l’Immaculée Conception par le pape Léon XIII.

Il est le saint Patron des célibataires, des mendiants, des pèlerins et des itinérants. Il est fêté par l’Église le 16 avril.

Article extrait des Annales d’Ars n° 339 [juillet-août 2012].