Suzanne AUBERT

Grands témoins d’Ars contemporains ou amis du Saint Curé : Suzanne AUBERT

Suzanne AubertSuzanne Aubert [1835-1926]

“la petite sœur du Curé d’Ars”

Elle fut surnommé par le Pape Pie X “la petite sœur du Curé d’Ars” !

En France, elle est peu connue, mais en Nouvelle Zélande, c’est une figure nationale ! Marie Henriette Suzanne Aubert naît le 19 juin 1835 à Saint-Symphorien-de-Lay.
Son père est huissier et libre-penseur, sa mère très pieuse. En 1840, la famille déménage à Lyon. Depuis l’enfance, on a fiancé Suzanne, mais en grandissant elle veut devenir religieuse. Ses parents sont opposés à sa vocation.

Depuis Lyon

Madame Aubert va alors à Ars consulter M. Vianney, Suzanne ayant promis de lui obéir : « Mon enfant, vous partirez pour les missions dans deux ans, […] Oh, mon enfant, je vous aiderai plus par la mort que par ma vie […] Que de croix, de difficultés et d’épreuves vous attendent dans la vie ! Mais quoi que ce soit qu’on vous fasse, quoi que ce soit qu’il arrive, quoi que ce soit qu’on vous dise, jamais, jamais, jamais ne lâchez prise ».

Le 4 août 1860, Suzanne Aubert quitte Lyon, sous le prétexte d’aller à Ars pour l’anniversaire de la mort du saint Curé.
En vérité, elle prend le train pour Le Havre : elle va rejoindre Mgr Pompallier et un groupe de missionnaires qui partent pour la Nouvelle-Zélande.

Jusqu’en Nouvelle Zélande

Si cette fuite est un déchirement, Suzanne Aubert ne fait que suivre ce que le Curé d’Ars lui a dit. Elle va devenir supérieure de la congrégation des Filles de Notre-Dame de la compassion, créée en 1892 en Nouvelle-Zélande. Elle se souviendra de tous les détails donnés par M. Vianney. Lorsqu’elle remonte le fleuve Whanganui pour rejoindre sa première mission, Suzanne est à la fois éberluée et rassurée en reconnaissant Keepa’s House, la maison où vont vivre les sœurs, décrite par le Curé d’Ars.

Mère Marie-Joseph Aubert fera du Curé d’Ars l’un des saints patrons de sa congrégation. Suzanne va alors évangéliser les Maoris. Les sœurs leur apprennent à lire, elles les soignent utilisant onguents et sirops que Mère Aubert a concoctés.

A Weelington

Le crépuscule maori est irréversible et Mère Marie Joseph doit bientôt quitter la mission. Elle part à Wellington, la capitale, ou affluent les immigrants venus de Grande-Bretagne et d’Irlande. Elle y fonde un hospice et un orphelinat pour les enfants trouvés et pour les petits malades et difformes, encore nombreux à cette époque. Elle s’obstine aussi à accueillir des enfants de toute confession et à ne pas révéler les noms des filles-mères afin que l’anonymat les protège.

Elle se rend à Rome, en 1913, pour faire reconnaître sa congrégation par le Pape ; sa brève visite va en fait durer six ans car la guerre empêchera tout retour aux antipodes. En mars 1914, elle commence à rédiger les souvenirs qu’elle a gardés du Curé d’Ars pour aider au dossier de canonisation de M. Vianney. Elle écrit à ses sœurs de Nouvelle-Zélande : « Quelqu’un m’a dit l’autre jour : je ne savais pas que vous étiez en si bons termes avec le Curé d’Ars, vos affaires vont prospérer ». Sur le chemin du retour, Suzanne Aubert passe à Ars, elle fait graver cette inscription dans la Basilique, près de la châsse de J-M Vianney : “Filles de Notre Dame de la Compassion fondé en Nouvelle-Zélande 1889 selon la direction donnée par le S. Curé en 1858”. Elle meurt le 1er octobre 1926.

Extrait des Annales d’Ars n° 333 [juillet-août 2011].