Vicomte François des GARETS

[1758-1830]

François de Garnier des Garets est le frère cadet d’Anne-Colombe, plus connue sous le nom de “Mademoiselle d’Ars”. Il a été capitaine de dragons (1) au régiment de Penthièvre (région de Saint-Brieuc) et il est chevalier de l’Ordre royal et militaire de Saint-Louis. Il devient veuf de Mlle de Bondy qui ne lui laisse aucune postérité. Il a une bonne situation et réside faubourg Saint-Germain à Paris. Paroissien de Saint-Sulpice, il est un homme pieux et connu pour sa charité. Président de la “fabrique” de la paroisse (2), il a pour habitude de visiter et de secourir les pauvres de son quartier. En octobre 1823, il demande même par lettre à sa sœur d’Ars de distribuer ses vêtements en laine à des nécessiteux du village car “c’est une faute de perdre ce qui peut être utile”… Sa bonté le fait apprécier aussi des gens d’Ars, en particulier des pauvres. C’est au cours de vacances à Ars en 1819 que sa sœur le présente à l’abbé Vianney. Il vient à l’église avec elle tous les jours et se fait une joie, comme à son habitude, de servir la Messe. Malgré un écart de milieu et d’âge important, les deux hommes se lient d’amitié. « Comme je suis content d’avoir fait la connaissance de M. d’Ars, s’exclame un jour le saint Curé. Qu’il est pieux ! Comme il aime le Bon Dieu ! Que je suis imparfait auprès de lui ! Que Mlle d’Ars est heureuse d’avoir un frère si saint ! ». En retour, François des Garets recommande à sa sœur de “servir de sœur surveillante à M. Vianney”. « Je te demande, lui précise-t-il dans une lettre, d’exiger qu’il ait pour lui, au moins un pot-au-feu par semaine. Il est nécessaire qu’il se nourrisse bien sainement, afin de conserver sa santé ; je crois plus profitable pour nous de le conserver à Ars que de le voir, comme son prédécesseur, accroître au ciel le nombre de nos Anges gardiens ! » En 1821, il va faire partie des soutiens de la supplique au roi Louis XVIII pour ériger en paroisse la chapellenie d’Ars. Ce sera chose faite le 20 juin de la même année. On le sent au diapason du Curé d’Ars quand il écrit au maire Mandy : « Ma plus grande jouissance, c’est d’embellir les églises dans lesquelles Notre-Seigneur est très réellement présent sous les saintes hosties consacrées ». Cela ne reste pas lettre morte puisqu’il va faire partie des principaux soutiens de la paroisse d’Ars. Il a ses adresses à Paris, décrit les objets avec précision ainsi que leur façon de les utiliser et de les conserver. C’est à lui que l’on doit notamment trois bannières neuves, de précieux ornements, le tabernacle du maître-autel (aujourd’hui dans la chapelle de st Jean-Baptiste) initialement prévu pour Saint-Sulpice, le dais de procession avec les travaux d’élargissement de la porte, le perron et le large escalier à double accès. « Je désire très belle l’entrée de l’église, explique-t-il au maire, cela est absolument nécessaire, car si les palais des rois de la terre sont embellis par la magnificence de leurs arrivées, à bien plus forte raison celles des églises doivent-elles être somptueuses ». Il meurt en 1830 à 72 ans. 1 Soldats se déplaçant à cheval mais combattant à pied. 2 Equivalent du Conseil économique.

Extrait des Annales d’Ars n° 343 [mars - avril 2013].