Consolez mon peuple…

Consolez mon peuple…

Consolez mon peuple…

La Bonne Nouvelle, voilà 2000 ans que l’occident en vit, et qu’elle est en même temps contestée. Ce qui donne 2000 ans d’arguments pour lui tourner le dos. Sauf si plusieurs disciples se lèvent aujourd’hui pour dire tout fort ce qu’ils vivent de Jésus-Christ, la fraternité qui en naît, l’espérance qui les porte. Bien sûr cela n’est pas très porteur médiatiquement, et il ne fait pas bon s’afficher aujourd’hui aux côtés d’un « catho »… Le lynchage médiatique n’est jamais très loin, Jean-Baptiste l’a expérimenté, en geôle tout d’abord, par la décapitation ensuite.

Le disciple apparaît donc comme celui qui devient capable d’accueillir et d’entendre les questions et les remises en cause du monde. Justement parce que c’est là que Jésus-Christ apporte le Salut : en donnant la vie nouvelle (Esprit-Saint), en repoussant le mal, en dénonçant le péché, en accueillant le pécheur qui se convertit… Voilà la « consolation » !

Pourquoi le Christ nous appelle-t-Il à la vigilance, sinon pour ne pas déserter ces lieux, où la faiblesse et les séductions du monde sont si tentantes, si ‘normales’ aux yeux de la société…, surtout lorsque cette dernière est remise en cause par le Covid-19, bercée par « le pain et les jeux » de la télévision tous les soirs, les promesses mirobolantes d’un monde meilleur par la technique quand elle n’est pas déshumanisante … ?

La question n’est pas de savoir si la vie chrétienne est pertinente aux yeux du monde : le monde blessé par le péché tâche de s’en tirer le mieux possible pour certains, ou suit sa pente pour beaucoup. La question n’est-elle pas celle du courage à vivre cette vie nouvelle pertinente et salvatrice, justement dans les lieux, situations et moments, où le monde livré à lui-même, folâtre avec le désespoir, la manipulation, le mensonge, et pourquoi pas la mort ? Des jeunes et moins-jeunes s’assourdissent dans des soirées clandestines pour tenter de conjurer l’ascèse temporelle (et temporaire) de la diminution des rencontres sociales. La vente de drogues augmente, la fréquentation des sites internet peu recommandables aussi.

Face au vertige de cette situation humaine actuelle, à l’incertitude du lendemain, à la raréfaction des contacts, à la vacuité de notre vie intérieure, etc. quelle vie proposons-nous ? Le divertissement exacerbé lorsqu’une échappatoire est possible, mode cocotte-minute, ou l’entrée dans la démarche intérieure pour passer cette porte de la conscience où l’être humain se jauge face à lui-même et face à son créateur, le service envers autrui, la démarche de contemplation de la nature ou de l’Eucharistie ? Le ‘cantique des créatures’ de St François nous le rappelle : « là où est tapie l’erreur, que je mette la vérité… Là où est le désespoir que je mette l’espérance… etc.» Et cela ne se fera pas sans moi. N’est-ce pas alors le fruit de « Lui vous baptisera dans l’Esprit » annoncé par St Jean-Baptiste. N’est-ce de cette « vie de l’Esprit-Saint » dont nous allons pouvoir témoigner jusqu’à Noël, et après ? Comment donner un coup de fil aux grands-parents ? Le voisin a-t-il besoin de courses ? Pendant l’heure disponible quelles sont mes destinations ?

P Rémi Griveaux, Ars

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