Abbé Antoine RAYMOND

Grands témoins d’Ars contemporains ou amis du Saint Curé : Abbé Antoine RAYMOND

Abbé Antoine RaymondAbbé Raymond [1806-1877]

le saint Curé lui paya sa pension au séminaire

« Si je n’avais pas eu cette épreuve, je n’aurais pas su si j’aimais le bon Dieu ». C’est ainsi que le saint Curé d’Ars parle un jour de son frère prêtre qui fut aussi son auxiliaire de 1845 jusqu’à 1853, l’Abbé Raymond. Il le connaissait bien, puisqu’il l’avait déjà aidé matériellement pendant ses études au Séminaire. En effet Antonin Raymond est né à Fareins en 1806 dans une famille pauvre. Séminariste sérieux et appliqué, le saint Curé lui paya sa pension au séminaire et lui offrit sa première soutane !

Auxilliaire

Après son ordination, l’abbé Raymond fut envoyé à la cure de Savigneux, paroisse voisine d’Ars. M. Vianney en était très heureux parce qu’il pouvait compter sur son aide lorsqu’il était assailli au confessionnal. Beaucoup de registres paroissiaux portent ainsi la signature l’abbé Raymond, bien avant sa nomination à Ars. Mais cette aide était insuffisante, et il fut vite évident qu’il fallait au Curé d’Ars un auxiliaire. Pourquoi ne pas déplacer le curé de Savigneux ? C’est ainsi que l’Abbé Raymond arriva à Ars en septembre 1845.

Auxiliaire, il l’était… même s’il se voyait déjà à la cure d’Ars. Ce fut certainement son imagination, plus que son ambition, qui lui fit imaginer qu’il deviendrait un jour le pasteur d’Ars. L’Abbé Vianney fatigué depuis longtemps de sa charge de curé, voulut lui céder la place ; les talents d’organisateur et de gouvernement de l’Abbé Raymond auraient fait merveille pensait-il… Mais ses supérieurs ne le voulurent pas ainsi, ni les paroissiens d’Ars non plus d’ailleurs ! On conserva M. Vianney à sa place de curé avec son jeune auxiliaire. Jean-Marie Vianney se montrait très patient envers son auxiliaire fougueux et parfois envahissant. Il n’aura que des mots de soutien et d’amitié sur lui : « Je ne sais pas si c’est parce que je l’aime, mais je trouve qu’il prêche bien ». Pendant très longtemps, beaucoup de paroissiens demandaient d’abord au Curé d’Ars puis à l’évêque, que l’abbé Raymond parte. Mais M. Vianney l’a souvent empêché en disant : « Si on n’est pas content, on partira tous les deux ». Plein de vertu, le Curé d’Ars a su profiter du caractère difficile et parfois désagréable de son ami pour se laisser sanctifier dans l’humilité. « Oh ! Laissez-le-moi, disait-il, il me dit mes vérités ».

Il quitte Ars

Ce n’est qu’au bout de 8 ans, que l’Abbé Raymond comprit qu’il ne deviendrait pas le successeur du saint à Ars ; il demanda alors une autre affectation. Il fut nommé à Jayat, dans la Bresse, en 1853. En 1858 il recevra son ultime nomination à Polliat. Pourtant il reviendra souvent voir Jean-Marie Vianney. Il était encore présent à Ars 8 jours avant la mort du Saint Curé. Puis, comme il le précisera plus tard au procès de béatification : « Dès que j’appris son décès, je partis pour Ars où j’eus la consolation de pouvoir l’embrasser une dernière fois ». Il continuera plusieurs années son ministère à Polliat ; il y mourra en 1877 et y sera enterré.

Extrait des Annales d’Ars n° 329 [novembre-décembre 2010].