Semaine du 14 septembre 2024

« Épouser la pensée et l’agir de Dieu »

Une image : Quand le petit bébé (qui ne peut pas gambader) est-il heureux ? N’est-ce pas quand il est saisi entre les bras de son père ?

Épouser la pensée et l’agir de Dieu, l’homme ne le peut pas. Même en pensée. Cela va à l’encontre de la pente de sa vie. L’homme veut peut-être le bonheur, même un peu à l’image de celui que Dieu veut pour lui et lui montre : un bonheur désintéressé, attentif, bienveillant, serviable, ouvert, courageux, doux, aimant, etc. Mais chez l’homme il est sans cesse entaché d’égoïsme et d’individualisme, blessé qu’il est par le mensonge, et l’auto-réalisation de soi. Blessé par le péché, ce qui se manifeste si bien par la concurrence d’avec Dieu (et d’avec ses semblables), il est faillible, incomplet, limité…l’homme n’est pas sa propre source.

Passer par le chemin dévoilé par le Christ est inenvisageable pour l’homme réduit à ses propres forces. On le voit à la réaction de Simon-Pierre, lorsque le Christ lui annonce sa propre Passion à Jérusalem. Sans l’aide de Dieu il ne peut pas entreprendre le chemin de Dieu, ni même l’envisager. Il lui suffirait de se tourner vers Jésus-Christ et de Lui en demander la force (l’Esprit-Saint) et l’intelligence… Mais il ne le fait pas.  Non seulement parce qu’il n’en aurait pas l’idée ou ne l’envisagerait pas mais parce que c’est sa personne même, dans sa situation même (orgueilleuse) qui l’aveugle et lui en coupe les forces, voire l’initiative.   » Seule ta grâce peut nous permettre de recevoir tes grâces » dit l’oraison qui va puiser dans les Écritures où le Psaume dit :  »Par ta lumière nous voyons la lumière » (Ps 35,10). C’est le sujet personnel qui est à  »retourner » et à  »poser tout autrement »…

« Passe derrière moi » (du Christ s’adressant à Simon-Pierre) est donc en fait une parole de Salut et non pas une punition, et encore moins une condamnation. C’est peut-être au début une petite humiliation où le sujet ne décide plus de tout ni en toutes circonstances, mais c’est la porte vers le salut de la vie de l’homme qui sinon demeure toujours fermé sur lui-même.  »Fais-nous toujours vouloir ce que tu veux et servir ta gloire d’un cœur sans partage » dit la liturgie.

On pourrait se dire que cette réticence de Simon-Pierre n’est là que parce qu’il n’a pas les moyens de dire « oui »… Même les moyens que nous aurions en abondance ne nous suffiraient pas. Le Curé d’Ars le dit  »nous utilisons les biens que Dieu nous donne pour lui faire la guerre, contre lui »

En fait, il n’y a que la confiance qui puisse conduire à Dieu. « Il m’a assuré qu’il n’avait aucune crainte, à cause de la grande confiance qu’il avait en Dieu[1] » relatait l’Abbé Toccanier à propos du Curé d’Ars. Cette  »confiance » est justement une réponse à l’adresse que Dieu avait faite à l’homme. Lorsqu’elle est véritablement reçue jusque dans la vulnérabilité de son être, là où il décide de recevoir (ou non) l’existence. Là où Lucifer est tombé : il s’est pris pour la lumière, et a refusé de la recevoir de Dieu, et ainsi, de se recevoir de Dieu. Mikaël lui montre un autre chemin. Ce chemin est celui de la personne qui se laisse étonner et ravir par la bonté et la grandeur de Dieu qui ne pense pas et n’agit vraiment pas comme nous. Quand allons-nous arrêter de penser Dieu à notre image ! Selon nos raisonnements, et accepter de nous laisser faire, laisser guider, laisser aimer par Lui. Et pour de bon ?

Il n’y a que la confiance : le dé-saisissement de soi…  Si sainte Thérèse l’a dit… merveilleusement, saint Jean-Marie Vianney l’a dit 40 ans avant elle… Et c’est le  « oui à l’Esprit-Saint » qui l’opère dans l’homme cette acceptation de se laisser saisir par Dieu. Esprit Saint Créateur et maintenant re-Créateur de l’homme.

[1] P. O. 124 ; Nodet, 88/139

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Rédacteur.

P Rémi Griveaux

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