Semaine du 29 mars 2026

« Jésus-Christ, voilà votre chemin » disait le Curé d’Ars.

 

« L’un de vous va me livrer » annonce le Christ à ses 12 apôtres, comme pour les prévenir du mal à venir. Tous se posent la question « serait-ce moi, Seigneur ? » … Et nous savons la suite : l’un trahit, l’autre renie, tous abandonnent. Ce n’était pas seulement il y a 2000 ans. Que se passe-t-il dans notre monde aujourd’hui ? Qu’il s’agisse de la géopolitique, des finances, des mœurs et des dernières lois discutées en France, de la relation à autrui dans notre société, peut-être même de nos familles, voire de notre vie personnelle, comment garder le souci de la vérité, le courage de l’honnêteté et de la loyauté, l’intégrité dans nos raisonnements, la probité dans les choix à faire face à nos responsabilités, etc… ?

Bien que prévenu, l’homme livré à lui-même risque bien d’être emporté dans ces séismes à répétition jusque dans le tsunami d’une société qui courrait à sa perte, avec l’impression que cette déferlante est inéluctable. Il n’y a pas jusqu’à cette phrase terrible de dérision et de mépris envers le Christ sur la Croix : « Il en a sauvé d’autres, et il ne peut se sauver lui-même », alors que le salut est justement en train de se réaliser ! Quel aveuglement, quel orgueil, quel blasphème.

Le Curé d’Ars nous donne une clef : « L’union avec Jésus-Christ, union avec la croix : voilà le salut ! »(1). En effet, devient « disciple » celui qui se reconnaît sauvé par Jésus-Christ qui lui pardonne ses péchés. Quel bonheur de se savoir ainsi aimé et d’en vivre désormais dans la reconnaissance, d’éviter les occasions de retomber, de choisir de tendre la main à celui qui tombera ! Quel bonheur, et aussi quelle responsabilité de garder constance dans la foi tandis que le sentier de nos vies se fait plus raide ou plus resserré, s’enfonçant dans une obscurité croissante ou au cœur de la tempête ou de l’hostilité habituelle, ou… du désespoir devant nos propres péchés encore une fois…

« Notre Seigneur nous montre le chemin dans la personne de Simon le Cyrénéen (2); il appelle ‘ses amis’ à porter sa croix après lui » disait encore Jean-Marie Vianney ! (3) C’est toujours vrai. Aujourd’hui encore plus : seule la réponse « d’amis » envers le Seigneur qui donne sa vie pour chacun de nous fera que nous continuerons la marche avec Lui, qui « veut qu’aucun ne se perde » [2 Pierre 3,9] …

La réponse, on le voit bien, est double : le réconfort intérieur où Dieu désaltère l’âme éprouvée… et l’amitié divine partagée de ceux qui vivent en frères de Jésus-Christ, vraiment ; qui portent le faible, qui rejoignent l’éprouvé, contre vents et marée.

Devenir des « Simon de Cyrène »… n’est-ce pas un beau programme ?

 

1 [Esprit- 339 ; NODET 19/139]
2 Simon de Cyrène, revenait des champs, et fut réquisitionné par les Romains pour aider le Christ à porter sa croix… jusqu’au calvaire… a-t-il seulement découvert Celui dont il a partagé une
telle proximité ?.
3 [Esprit 196 ; NODET 19/139]
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Rédacteur.

P Rémi Griveaux

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