Semaine du 1 octobre 2023

Une contrariété… cachée…

Voilà 2000 ans que la vie chrétienne est présente en Occident… et le chrétien pourrait se désoler de voir régresser ce qui fut naguère comme un rayonnement et une reconnaissance sociale. Certains raidissements proviennent peut-être de ce constat… tout autant que des ajustements inappropriés et diluant la vie chrétienne. Chaque trésor de civilisation a en effet besoin d’être réassumé de génération en génération. L’adhésion de chacun ne peut pas être donnée par procuration, on ne peut pas non plus se contenter de l’opinion (« moi, je pense que »), il faut aller jusqu’à l’adhésion en conscience, en face à face avec Dieu. On ne peut pas longtemps en rester à dire « oui » et faire « non » et inversement, dire « non » et faire « oui ». Il faut bien qu’un jour notre « oui » soit « oui » ! La question doit donc venir : qu’est-ce qui pourrait être obstacle à l’adhésion à la vie chrétienne (et pas seulement à la foi chrétienne) ? Nous voyons au moins 3 raisons :

1/ Le mal que nous subissons, peut être en effet un obstacle à l’accueil de l’amour de Dieu, au Salut et à la conversion pour vivre selon les Béatitudes, en disciple du Christ, au milieu de notre monde. Et étonnamment, le mal que nous faisons et que nous faisons subir ne nous apparaît pas tant que cela comme frein à la conversion, qu’il s’agisse de la nôtre ou celle des autres.

2/ Le silence de Dieu ! souvent invoqué pour mener sa vie sans Lui… Mais bien utilisé lorsque l’homme veut continuer à faire comme il veut, sans gendarme sur le dos.

3/ Enfin, de manière plus subtile : la conception que nous nous faisons de la vie avec Dieu peut être un obstacle à la conversion… En effet, parce que nous marchons volontairement avec Dieu, nous devrions être dispensés de traverser des difficultés… Parce que nous aimerions Dieu bon et sommes aimés de Dieu bon, le monde devrait être « que du bonheur »… Notre vision du bonheur avec Dieu est donc contrariée. La contrariété apparaît souvent comme un obstacle à la conversion et à l’amour envers Dieu ou envers le frère. Le chemin dans la contrariété parait comme contradictoire au bonheur que devrait être à nos yeux, la marche avec Dieu bon. Pourquoi ne sommes nous pas déjà dans le bonheur en marchant avec le Christ, Dieu bon, alors que nous tâchons de vivre en authentiques chrétiens ? Le Curé d’Ars disait lui-même : «  Il semble que parce qu’on aime un peu le Bon Dieu, on doit n’avoir rien qui contrarie, rien qui fasse souffrir »… Nodet p 89/139 Oui, à la fois le Salut donné par le Christ, total et irréversible, n’est pas encore reçu par tous… et ainsi les hommes marchent encore dans les fumées néfastes et fatales du mal qui continue à se répandre. Et, à la fois, dans le Salut donné, le Christ appelle ses disciples à marcher avec Lui… et donc en portant les croix au quotidien (et avec Lui), devenant alors manifestation plus gratuite et plus désintéressée de notre amour envers Lui…. dont les authentiques brebis reconnaissent la voix et suivent les pas. Et cette voix, découverte progressivement dans l’histoire du Peuple Juif, est bien plus souvent celle « d’un fin silence » comme pour Élie. (1 Roi 19,12)…contrariant notre préférence pour les « idées claires et distinctes » qui s’imposeraient au discernement… Et pendant ce temps, bon nombre de conversions s’opèrent (comme celles des catéchumènes) autour du disciple parfois refroidi : de quoi le réveiller sur le chemin, endormi…

Partagez l'édito sur :

Rédacteur.

P Rémi Griveaux

Les derniers éditos

Horaires d'ouverture

Horaires de messes (basilique)

Confessions (basilique)

Adoration eucharistique

Heure de la Miséricorde

Chapelet

Liturgie des heures

CONTACT