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Comme chaque année, nous faisons mémoire de l’arrivée de saint Jean-Marie Vianney à Ars, le 13 février 1818. C’est l’occasion de prier pour demander au Seigneur qu’il continue de nous envoyer les vocations de saints prêtres dont nous avons besoin pour être entrainés à nous convertir. Il se trouve, fort providentiellement, que l’évangile médité lors de la marche pour les vocations est un récit de multiplication des pains (Marc 8, 1-10).
Notre génération ressemble fort à cette grande foule de gens qui risquent de défaillir en chemin si on les renvoie à jeun, car ils sont dans le désert et n’ont rien à manger. Jésus manifeste alors de la compassion, parce qu’il est envoyé par le Père pour que nous ayons la vie en abondance (Jean 10,1-10). Remarquez bien ce que fait Jésus. Il commence par nous inviter à prendre acte du manque en soulignant à la fois l’absence de nourriture pour la foule et notre incapacité radicale à la nourrir. Que peut-on faire en effet avec sept pains et quelques petits poissons pour rassasier 4.000 hommes ?
Osons faire la vérité ! Prenons donc acte, que nous sommes dans le dénuement le plus total. D’une part, notre société est complètement déboussolée. Elle a perdu tous ses repères. D’autre part, face à cette situation dramatique, notre Église est dépouillée de tout : nous n’avons que de faibles effectifs de chrétiens aux messes dominicales ; nous manquons de personnes consacrées et de prêtres ; nos moyens matériels ne cessent de fondre comme neige au soleil, alors que nos charges financières continuent d’augmenter, comme partout. Et les scandales d’abus sexuels nous ont fait perdre le peu d’audience qui nous restait dans la société.
Bref, nous sommes des pauvres devant Dieu et devant nos semblables ! Mais le dépouillement que nous sommes en train de vivre constitue en fait une grâce particulière pour notre temps. Car en étant dépourvus de tout, nous sommes davantage configurés à Jésus dans le mystère de son Incarnation, sa Passion et sa mort. Démunis, nous voici donc acculés à opérer un choix décisif. Soit, nous nous enfermons sur nous-mêmes, nous cédons à la peur et nous nous laissons aller à la révolte et la désespérance. Soit, nous faisons confiance à Jésus, et nous décidons de le suivre vraiment, comme lui-même fait résolument confiance à son Père lorsqu’il est condamné et crucifié. Au lieu de chercher à résoudre les choses par nous-mêmes, bref, à réagir de manière mondaine, de façon volontariste, en inventant des solutions toutes humaines, nous avons à obéir dans la foi à ce que nous demande le Maître. Il nous revient de le laisser faire, parce que c’est lui et lui seul qui est Sauveur.
Ici à Ars, nous bénéficions du témoignage édifiant de saint Jean-Marie Vianney. Son époque n’avait certes rien à envier à la nôtre, car la situation spirituelle n’était pas meilleure il y a 200 ans. Et Jean-Marie Vianney était tout autant démuni que nous pour évangéliser une population éloignée de Dieu et courant à sa perte. Mais il a obéi et il a fait humblement et simplement ce qui lui a été demandé : « Il n’y a pas beaucoup d’amour de Dieu dans ce village. Vous en mettrez ! ».
Il a donné le peu qu’il pouvait avec ses faibles moyens et Dieu a fait le reste ! Les miracles n’ont pas manqué et l’œuvre de Dieu s’est déployée au-delà de toute prévision. Elle continue de porter encore un fruit de miséricorde pour tous ceux qui fréquentent le Sanctuaire d’Ars. C’est comme les sept corbeilles pleines qui demeurent après le rassasiement des 4.000 hommes. Si nous voulons des vocations, commençons donc par nous convertir ! Prenons davantage l’Évangile au sérieux ! Suivons Jésus plus résolument, obéissons à Dieu de tout notre cœur. Bref, prenons le chemin de la sainteté ; et alors, comme saint Jean-Marie Vianney, nous serons témoins d’une belle fécondité, d’une manière que nous ne soupçonnons pas.