Semaine du 22 septembre 2024

« Restez dans la simplicité ! »

Beaucoup ont remarqué combien les Jeux Olympiques avaient, pour un temps, contribué à une meilleure unité nationale. Le grand projet, ou la belle histoire qui pouvait faire converger les énergies de la plupart des citoyens était là ! Hormis une partie du spectacle d’ouverture qui a véritablement blessé les chrétiens, beaucoup ont pu s’y reconnaître. Les convoitises de pouvoir comme de l’assouvissement des soifs personnelles étaient pour un temps mis de côté. Le pouvoir temporel politique ne s’y est pas trompé.

L’air de rien, ne sont-ce pas ces convoitises et ces soifs personnelles que le Christ affronte dans l’Évangile de ce jour : tandis qu’il annonce à ses disciples la nécessaire montée à Jérusalem, et qu’il les instruit sur les conditions dans lesquelles cela va se vivre… eux ne trouvent rien de mieux que de discuter entre eux sur la répartition des pouvoirs pour « l’après » ! Le Christ leur annonce le Salut de leur pauvre humanité, et eux marchandent sur les répartitions de ministères  (!) dont ils seront de toute façon dépossédés lors de leur mort.

Et si le Christ met bien en exergue un enfant au milieu du cercle des Apôtres, ce n’est pas neutre. « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous ». Et il insiste : « Quiconque accueille cet enfant en mon Nom, c’est moi qu’il accueille »… Qu’y a-t-il de plus « dernier » qu’un enfant… qui est dépendant de tout, qui n’a aucun pouvoir par lui-même, et dont le seul désir est de faire plaisir à ses parents ?

Le dernier article du Décalogue mentionne l’interdit de « la convoitise » ! « Tu ne convoiteras … rien de ce qui est à ton prochain. » (Ex 20, 17) La convoitise oriente le désir comme le pouvoir…  Elle en fait des lieux de séductions de la jouissance personnelle comme de la puissance ou de la jalousie envers autrui.

Face à cela, le Christ dévoile la nouvelle manière de vivre qu’est la sienne, face à son Père comme au sein de l’humanité : face à la convoitise du désir (qui pourtant est bon, car il est désir de vivre), il répond par la pureté du regard, la pureté d’intention, et qui se traduit par la pudeur dans l’attitude. Face à la convoitise qu’est la jalousie, l’avidité, la cupidité, comme l’envie du cœur, il répond par le Saint-Esprit qui comble jusqu’au cœur de l’homme, par la pauvreté de cœur qui y rend disponible, et finalement jusqu’à la soif inextinguible de l’homme qui est de « voir Dieu » comme l’ont noté tous les mystiques… y compris le Curé d’Ars : « Dieu a donné à notre cœur des désirs si vastes et si étendus, que plus rien de créé n’est capable de le contenter.[1] »

L’avantage avec les saints apparaît tout de suite : ils nous donnent une traduction concrète.   « Restez dans la simplicité. Plus vous resterez dans la simplicité, plus vous ferez du bien[2]. »  … Traduction qui va droit au but : « On le retrouvait toujours simple comme un enfant[3] » … comme un enfant… qui n’est ni naïf ni jaloux, mais dont le propre est de faire confiance à ses parents desquels il reçoit tout.

Nous qui recevons tout de Dieu… qu’allons-nous faire ?

[1] [Sermons “ Sanctification du Chrétien ” I 128 ; Nodet 122/139]

[2] [Fr. ATHANASE P. O. 858 – Sermons  1er commandement ” III 26 ; Nodet 104/139]

[3] [Mandy, P.O. 589 ; Nodet 106/139]

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Rédacteur.

P Rémi Griveaux

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