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Le désarroi devant les rappels de la vie conjugale peut être fort. Nos vies sont traversées par tant de contrariétés, tant de déceptions, tant de blessures, etc. que nous nous demandons comment la vie pourrait être vécue sans compromission ou totalement à part, sans injustices inévitables ou dans un village reconstitué… genre réserve des mohicans-catho !
N’est-ce pas dans cette situation que se trouvent les disciples lorsque leur Maître leur annonce que le mariage est unique et pour toujours, d’une fidélité sans faille et indissoluble comme l’amour du Seigneur l’est à notre égard ? Qui pourrait être l’épouse idéale pour son conjoint ? Quel mari pourrait enfin trouver celle qui attend depuis si longtemps ? Et au fil du temps et des blessures de la vie, qui pourrait se dire arriver à préserver le trésor qu’il aurait enfin réussi à découvrir puis l’histoire commune qu’il aurait pu édifier jour après jour ?
Nous remarquons bien que les phrases sur le mariage et les conséquences sur l’adultère sont sans appel ! Le Christ ne nous aimerait-il donc pas ? Serait-il aveugle concernant la fragilité de notre vie et de notre amour ? Nous mettrait-il devant une équation insoluble, un raisonnement absurde et une vie… invivable ? Toutes choses qui sont reprochées à l’Eglise, mais qui visent en fait le Christ lui-même et l’affirmation qu’Il donne !
Peut-être, pour cela que dans la même discussion le Christ place « un enfant » au milieu de ses auditeurs… « si vous n’accueillez pas le Royaume à la manière d’un enfant, vous n’y entrerez pas » nous dit-Il. Car il s’agit d’ « accueillir le Royaume » ? OUI ! Il ne s’agit pas d’abord d’accueillir une morale applicable ou non, ou que nous serions tentés d’édulcorer, ou d’assouplir… ou d’effacer de notre conscience. La juxtaposition de l’acte du Christ posant un enfant comme modèle de l’accueil du Royaume, avec l’annonce de la grandeur du mariage (pour le bonheur de l’homme qui a besoin d’un conjoint qui lui soit assorti) est peut-être le « seul chemin » pour s’y retrouver… et non pas d’être perdu doublement comme nous le serions actuellement dans la perte de l’idéal de vie heureuse et l’enfermement désespérant dans nos petits moyens pour tenter des solutions.
Oui, la grandeur du mariage est bien la réponse à la soif la plus secrète de bonheur concret notre humanité. Comme l’est encore plus la réponse de la vie divine incarnée dans tout homme (ou femme) qui reçoit le Baptême ( et la Confirmation). L’enjeu n’est donc pas seulement ‘le mariage’ qui est pourtant si important. L’enjeu est que tout l’être humain soit sauvé, qu’il accueille Dieu ! Qu’il accueille le Royaume. C’est de la restauration de l’être humain créé à l’image et selon la ressemblance avec Dieu dont il est question, et la surabondance du bonheur qui nous est proposé… Non pas « malgré » notre monde, mais justement : « pour notre vie dans la situation du monde d’aujourd’hui ». Le pardon est la réponse devant l’offense… Le service est la réponse devant l’individualisme… la prière est la réponse devant la sècheresse… ou l’insulte… etc.
C’est pourquoi, avec le Curé d’Ars, nous voulons porter chacun de habitants d’Ars (Savigneux ou Villeneuve), des Pèlerins ou des habitués, dans la redécouverte de l’amour de Dieu. Mgr Pierre d’Ornellas (Rennes) nous le redisait cet été lors du 4 août : « Rien n’est plus conjugal que le cœur humain et la Parole de Dieu. Parole de Dieu et cœur humain sont faits l’un pour l’autre, rien n’est plus adéquat à l’incarnation de la Parole que le cœur de l’être humain ». Ce qu’il disait de la Parole de Dieu se dit tout autant de l’amour divine… et pour la joie du « cœur de l’être humain ».
Demandons au Seigneur qu’Il ravive en nous cet amour… de son amour ! Pour qu’en le recevant et en y croyant nous puissions nous en émerveiller et entrer dans une vie transformée.