Le site du Sanctuaire utilise des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur le site et pour répondre à ses besoins statistiques et de mesure d’audience, pour les améliorations futures du site. Les cookies fonctionnels, techniques et de sécurité ne sont pas paramétrables car ils sont nécessaires au bon fonctionnement du site. Pour en savoir plus sur la manière dont nous traitons vos données, veuillez consulter notre politique en matière de protection des données personnelles.
Il est regrettable qu’un usage dénomme diacres permanents les hommes qui ne sont pas appelés à devenir prêtres. Ce qualificatif ambigu peut laisser penser que les hommes ordonnés diacres en vue du presbytérat seraient des diacres temporaires.
Si les futurs prêtres doivent commencer par être ordonnés diacres, c’est parce que le premier degré du sacrement de l’ordre, le diaconat, constitue le fondement du presbytérat et de l’épiscopat : la base du ministère ordonné est le service.
Devenir prêtre ou évêque suppose d’être d’abord identifié au Christ Serviteur, qui prend la dernière place, celle de l’esclave, pour laver les pieds de ses disciples, avant de livrer sa personne jusqu’à la mort en versant son sang sur la croix.
Les diacres signifient que l’épiscopat et le presbytérat ne représentent pas une promotion humaine et que ceux qui ont reçu cette charge doivent être conscients d’avoir reçu la mission d’agir au nom du Bon Pasteur qui « n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude » (Mt 20, 28). Saint Jean-Marie Vianney disait : « Le prêtre n’est pas prêtre pour lui (…) Il n’est pas pour lui, il est pour vous »[1].
Évêques et prêtres sont les intendants des mystères de Dieu par l’annonce de la Parole, par l’Eucharistie et les autres célébrations liturgiques et ils doivent accomplir ce ministère avec désintéressement et charité, rappelle la rénovation des promesses sacerdotales lors de la messe chrismale. Le pape François enseigne fréquemment que celui qui n’a pas une âme de serviteur ne saurait être un bon pasteur.
Ainsi, dans l’exhortation apostolique sur la Joie de l’Évangile, le pape écrit-il : « Le sacerdoce ministériel est un des moyens que Jésus utilise au service de son peuple, mais la grande dignité vient du Baptême, qui est accessible à tous. La configuration du prêtre au Christ-Tête – c’est-à-dire comme source principale de la grâce – n’entraîne pas une exaltation qui le place en haut de tout le reste. Dans l’Église, les fonctions ne justifient aucune supériorité des uns sur les autres ».[2]
Les diacres signifient également à tous les baptisés, qu’ils sont membres d’un peuple de serviteurs, où chacun apporte aux autres le bénéfice de ses propres dons et où tous ensemble sont envoyés au service de l’évangélisation, chacun selon la grâce reçue.
C’est d’abord la manière d’être des diacres qui compte, avant la nature de la responsabilité particulière, susceptible de changer selon les temps et les lieux, en fonction des appels de l’Esprit Saint. Ce n’est pas davantage leur nombre qui importe, mais avant tout la qualité significative de leur présence dans la communauté chrétienne et dans le milieu social. En fin de compte, on attend des diacres qu’ils se situent humblement comme de simples serviteurs estimant n’avoir fait que leur devoir[3] au service d’un dessein divin qui nous précède et nous dépasse.
Dans notre diocèse de Belley-Ars, il y a actuellement 16 diacres, insérés dans des missions très variées, généralement avec une attention particulière aux personnes les plus fragiles. J’attends d’eux qu’ils soient véritablement signes et encouragent chacun à s’unir plus étroitement au Christ Serviteur, afin que nous soyons tous des « pèlerins d’espérance » au cœur du monde !
+ Pascal ROLAND
[1] Ce que prêchait le curé d’Ars, page 85
[2] Pape François, Evangelii Gaudium, n° 104
[3] Voir Luc 17, 7-10