Vendredi Saint – Enseignement et Homélie de Mgr Pascal Roland

Homélie du Vendredi Saint 2025 au Sanctuaire d’Ars

Depuis une soixantaine de décennies, et même bien davantage,
nos Eglises d’Occident connaissent une situation douloureuse et éprouvante,
que d’aucuns pourraient qualifier de décroissance ;
phénomène qui s’est particulièrement accéléré ces derniers temps,
et qui fait que certains annoncent la fin de la foi chrétienne, qui serait dépassée.

On peut évoquer un certain nombre de réalités objectivement repérables :
– D’abord la perte d’effectifs : nous enregistrons une diminution significative du nombre de baptêmes, mariages, enfants catéchisés, messalisants, funérailles chrétiennes, ordinations, voeux religieux.
– Ensuite on peut parler d’une perte de visibilité :
il n’y a plus un curé présent dans chaque commune
et de nombreuses communautés religieuses ont disparu du paysage.
– On pense bien sûr également à la perte de respectabilité :
avec les scandales moraux et les crimes sexuels perpétrés par des membres
qui ont fait souffrir des innocents, abîmant ainsi l’image de l’Eglise
et salissant la réputation de ceux qui sont fidèles au Christ.
– Il y a ensuite la perte de moyens financiers et immobiliers :
nos ressources vont en diminuant régulièrement,
du fait du moins grand nombre de donateurs,
tandis que les charges augmentent,
ce qui nous contraint à réduire nos ambitions.
– Enfin, on peut souligner l’effacement de l’influence morale et politique :
la société et les responsables politiques nous ignorent de plus en plus,
et méprisent l’avis éclairé de l’Eglise catholique,
par exemple quand on discute et vote des lois sur l’euthanasie,
l’identité sexuelle, l’avortement, la GPA, l’accueil des migrants,
ou bien encore la liberté d’enseignement.
Face à cette réalité, on pourrait aisément se laisser aller à la désespérance,
si l’on raisonnait de manière humaine, avec les seuls critères du monde.
Critères de nombre, d’image, de réussite sociale, d’influence sociale et politique…
Mais il convient plutôt de nous interroger :
qu’est-ce que Dieu veut nous enseigner à travers cette situation éprouvante ?
A quelle conversion l’Esprit-Saint nous convoque-t-il ?

Si nous concédons à nous laisser interpeller, force est alors de constater
que nous sommes entraînés dans un mouvement inexorable de dépouillement
qui nous centre résolument sur le mystère de la croix du Christ.
Nous avions sans doute perdu de vue que l’Eglise est l’Epouse du Christ.
A ce titre, elle doit donc communier intimement à ce que vit son divin Epoux.
Elle doit être configurée au mystère du Christ dans sa Passion et sa mort,
afin d’avoir part à sa résurrection et être féconde.
Nous avions sans doute nié également
que l’Eglise n’est pas identifiable au Royaume de Dieu
et qu’elle ne constitue pas la société parfaite à construire ici-bas.
Nous avions oublié que nous sommes d’abord citoyens du ciel.
Enfants d’Abraham, nous sommes des pèlerins étrangers sur cette terre
en marche vers notre patrie du ciel.
Pris dans le tourbillon de nos sociétés prônant le bien-être,
et organisant toutes choses autour de la consommation et des loisirs,
comme le reste de nos concitoyens,
nous avons plus ou moins cédé à l’attrait des nouvelles idoles
de l’individualisme, du matérialisme, du confort, de la sécurité, du bien-être,
au lieu de suivre le Christ pauvre, chaste et obéissant, qui se donne par amour.
Mais aujourd’hui, entraînés dans un mouvement de dépouillement,
nous voici providentiellement rapprochés des plus fragiles, des plus petits,
de tous les pauvres auxquels le Fils de Dieu s’est identifié,
et auxquels nous sommes envoyés en priorité : celui qui a faim et soif,
celui qui est étranger, sans toit, celui qui est malade ou en prison (Mt 25, 37-40)
Bienheureuses circonstances, qui nous font donc descendre de notre piédestal,
qui nous font renoncer à nos ambitions terrestres,
et nous obligent à choisir si nous voulons véritablement appartenir au Christ.
Bienheureuses circonstances, qui nous provoquent
à décider si nous voulons vraiment nous laisser conduire par l’Esprit Saint
pour nous comporter en enfants de Dieu et consacrer notre vie à son service.
Notre vocation est d’être témoins des réalités éternelles,
témoins de l’amour divin qui nous est donné en partage
et que nous sommes chargés de communiquer à nos semblables.

Aujourd’hui, Vendredi saint, choisissons résolument de suivre le Christ crucifié,
et de nous attacher plus étroitement à lui !
Choisissons de suivre l’envoyé du Père qui a été méprisé, compté pour rien,
abandonné des hommes, humilié, maltraité,
arrêté, jugé et condamné de manière inique, frappé à mort,
finalement crucifié comme un malfaiteur, broyé par la souffrance,
défiguré, transpercé et retranché de la terre des vivants…
Alors que, selon la prophétie d’Isaïe,
c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé ;
alors qu’il portait le péché des multitudes et intercédait pour les pécheurs.
Acceptons d’être comme notre maître et Seigneur,
sans apparence, ni beauté qui attire les regards, familiers de la souffrance…
Avec Jésus, renonçons aux prétentions d’efficacité mondaine.
Avec lui, abandonnons-nous avec confiance entre les mains du Père !
Laissons l’Esprit Saint assurer une fécondité que nous ne maitriserons pas.
Déjà celui-ci nous encourage en nous donnant à accueillir le surgissement
de jeunes et d’adultes nombreux qui demandent à vivre de l’Evangile
et à recevoir les sacrements de l’initiation chrétienne.
Alors, ne nous laissons pas voler l’Espérance !
Soyons résolument des pèlerins d’Espérance !
+ Pascal ROLAND

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