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Rappelons-nous ce qui motive Jésus-Christ lors de la multiplication des pains où il fait la catéchèse sur l’Eucharistie qu’il instituera le Jeudi-Saint :
– Les gens étaient désemparés, ils sont venus vers Jésus de Nazareth… … et Lui, les entrailles bouleversées de voir la pauvreté de ces gens déboussolés, livrés à eux-mêmes, peut-être chercheurs de Dieu ou sceptiques, peut-être en marge de la société ou bien insérés, leur parle… tout en
donnant les preuves du Royaume : il guérissait !
– Les gens sont affamés par trois jours auprès du Christ, sans doute ayant épuisé leurs réserves. Mais surtout, parce qu’ils sont restés suspendus aux lèvres du Christ… Que faisait le Christ ? Il les enseignait des réalités du Royaume… (la vie avec le Père, la prière, etc… tout ce que dévoile l’Evangile selon Saint Matthieu, après les Béatitudes… ch 5 à 9 inclus…)…
– Le Christ le dit lui-même : ils sont sans berger, et désemparés. En fait, jusqu’à présent, ils étaient perdus : Ils ne savaient pas où aller. Maintenant ils savent avec qui rester… et ils restent. Ils sont nourris dans leur vie spirituelle, leur vie temporelle réclame ses droits… Le Christ va donc les nourrir aussi dans le concret, il le dit lui-même dans l’Evangile : « cherchez d’abord le royaume des cieux, le reste vous sera donné par surcroît »…
– Le Christ convoque ses apôtres à cette oeuvre de prendre soin de la foule (5000 personnes), selon les indications qu’Il leur donne, et pour le bien des foules. On comprend qu’il instaure ainsi quelque chose : « Donnez-leur vous-mêmes à manger » : ce sera la mission dont ils seront dépositaires plus tard. Il leur en donne aussi le contexte et la manière de faire : Jésus-Christ lui-même leur donne le pain multiplié qu’ils auront à dispenser de la même manière plus tard… sans craindre d’en manquer, sans aller chercher ailleurs…
Le disciple d’aujourd’hui peut alors constater la bienveillance du Christ qui se donne en donnant toute sa personne dans l’Eucharistie, à chaque messe. Il peut aussi constater que la nourriture de la Parole y est tout autant importante, et Jésus n’y va pas par 4 chemins : 3 jours ! Il peut encore comprendre la vocation particulière des apôtres et de leurs successeurs (les évêques et leurs collaborateurs que sont les prêtres ). Ces derniers ne pourront jamais vivre ce ‘service’ du bout des lèvres, mais en se livrant à leur tour comme l’ont fait les apôtres eux-mêmes. Ne pas s’y livrer, c’est s’apprêter à mourir comme l’apôtre Judas en est mort.
Le Corps du Christ nourrit donc le corps ecclésial autant que les personnes (corps et âmes) qui le composent, et ceux qu’Il appelle à son service et dans la mission de vivre selon le Royaume.
N’était-ce pas ce qui bouleversait aussi le Curé d’Ars ? Il avait le coeur retourné par la vision de pauvreté de l’homme, du délabrement de l’homme livré à lui-même, ayant oublié Dieu ou le méprisant. Il s’attelait à visiter chacun, n’épargnant ni son temps, ni sa parole, ni ses coups de mains dans les champs… ni les rappels à retrouver le Seigneur dans la prière quotidienne, ni les admonestations à ces contemporains à venir le dimanche à l’église, tandis qu’ils croyaient vivre très bien tout de même, marchant en fait dans une vie sans Dieu, et donc vers leur perdition, il faut bien le dire !
Si le Saint-Sacrement parcourait Ars, n’était-ce pas, pour le Curé d’Ars de l’époque ( mais pas seulement…) pour que le même Jésus-au-Saint-Sacrement finisse aussi par parcourir la vie de tous les participants, et qu’eux-mêmes puissent s’en réjouir ?