Semaine du 17 mars 2024

« Celui qui n’aime pas la croix pourra peut-être bien se sauver, mais à grand-peine. Ce sera une petite étoile dans le firmament. »

Le monde est une prison depuis le jour où le Seigneur Dieu « chassa l’homme et posta, à l’orient du jardin d’Éden, les chérubins et la flamme du glaive tournoyant, pour garder le chemin de l’arbre de vie » (Gn 3, 24). Depuis ce jour-là, les hommes cherchent la sortie, ou plutôt ils cherchent à s’en sortir. Ils cherchent un salut à ras de terre, un salut horizontal. La vérité, c’est que seul Dieu peut nous conduire à Dieu. Seul Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, peut étancher notre soif de vérité, de lumière, de libération.

En quoi la Croix de Jésus nous interpelle-t-elle aujourd’hui ? Dans quelle situation avons-nous besoin de garder les yeux fixés sur la Croix ? Comment pouvons-nous répondre à l’amour de Dieu aujourd’hui ? Comment donner un sens à la croix dans notre vie ?

À travers son sacrifice de la Croix, selon l’Épître aux Hébreux, Jésus-Christ est devenu garant d’une alliance meilleure « Je mettrai ma Loi au plus profond d’eux-mêmes ; je l’inscrirai sur leur cœur » (Jr 31, 33), médiateur d’une alliance nouvelle (He 9, 15 ; 12, 24).  Une alliance qui renouvelle l’homme et récapitule tout en elle, celle qui par l’Évangile, « élève les hommes et leur fait prendre leur envol vers le royaume céleste » (Irénée de Lyon). Comme garant d’une alliance meilleure, Jésus n’est pas un simple modèle, extérieur et passif, mais l’origine de notre accomplissement (He 2, 10), par sa solidarité avec nous (cf. He 2, 11 ; 3, 6) et son intercession éternelle.

La mort est présentée comme un mal nécessaire qui portera du fruit, selon l’analogie du grain qui, tombé en terre, succombe pour que le nouveau plant surgisse. Les disciples sont appelés à suivre les traces du maître et donc à se rendre au pied de la Croix. Surtout, l’événement de la crucifixion est introduit comme « l’heure » tant attendue du jugement du monde et du renversement des forces du mal au pouvoir ; c’est un moment de « gloire » pour Jésus, qui sera « élevé » au-dessus de tous et qui attirera tous les regards. Au lieu de déshonorer Jésus, la Croix révélera sa gloire.

Le signe de la Croix révèle qui est vraiment Jésus et d’où il vient, puisque c’est la nouvelle échelle de Jacob dressée entre la terre et le ciel. Échelle qui permet à Jésus de remonter au ciel, là d’où il vient, là où il était auparavant (Jn 6, 62). C’est la Croix qui, au lieu de discréditer Jésus comme un faux envoyé de Dieu, révèle qu’il est toujours l’envoyé obéissant du Père : « Bien qu’il soit le Fils, il apprit par ses souffrances l’obéissance et, conduit à sa perfection » (He 5, 7).

Dieu veut que nous soyons sauvés, il ne regarde pas nos multiples faiblesses et chutes, il regarde plutôt notre contrition. Cette repentance est manifeste dans le geste qui consiste à lever les yeux vers celui que nous avons crucifié, qui est en revanche celui qui nous donne la vie par sa mort. Il s’agit donc de fixer le Christ en Croix avec foi, non seulement pour entrer dans cet amour qu’il a pour nous, mais surtout pour recharger nos batteries pour le combat spirituel dans le monde, comme disait l’abbé Paulraj dimanche dernier dans son édito.

La Croix est source de salut, n’hésitons pas à nous approcher pour puiser l’eau et le sang de la vie qui coule du côté de Jésus transpercé.

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