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« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu… et ton prochain comme toi-même » (Lc 10,27 ; issu de Lc 10, 25-37 sur le bon Samaritain) … Peut-être qu’en « aimant son prochain comme soi-même », l’unité adviendra…
Le Père Étienne DUMOULIN nous disait lors du Dimanche de la Miséricorde (2ème dimanche de Pâques 2022), que cet épisode de l’Évangile était caractéristique de la Miséricorde de Dieu envers nous. Dieu se penche vers sa créature blessée et sans force, quasi-mourante, dans le fossé. La Miséricorde se dévoile alors comme la bonté de Dieu se déployant envers sa créature portant le poids d’un mal, qu’il soit un mal subi ou un mal, conséquence d’un choix librement consenti. Peut-être alors qu’en s’approchant à son tour du frère, le disciple découvrira, à travers tout ce que cela va soulever en lui, combien lui-même est aimé de Dieu et ne se rend pas compte de ce qu’est cet amour…!
En effet, celui qui reçoit le baptême (et la confirmation) devient un homme nouveau. Son ADN est plus marqué par son appartenance à Dieu qui lui donne la vie nouvelle, que par ses antécédents humains aussi explorés soient-ils. C’est par cet amour reçu que le disciple peut répondre à son tour de manière juste : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu »… On peut prolonger : en recevant le pardon, il apprend à pardonner… en écoutant la Parole il apprend à dire Dieu par toute sa vie transformée… et à écouter aussi… même le frère…
Le disciple accueillant davantage encore cet amour, le Seigneur lui donne l’impératif d’en vivre envers celui dont il se fait proche : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » … Or cela peut se lire de 2 manières : soit « Tu aimeras ton prochain comme toi-même tu t’aimes ( et tu ne peux te vouloir du mal), soit « Tu aimeras ton prochain comme toi-même tu es aimé de Dieu / par Dieu… » Dans cette 2ème lecture, le disciple est appelé à consentir à l’amour divin dont il est en effet bénéficiaire, et que Dieu a déposé en lui, pour à son tour aimer de cet amour divin dont le propre est de se donner…
D’où alors l’importance déterminante de la position du disciple : voudra-t-il jusqu’au bout de sa vie, se situer dans le face à face intérieur avec Dieu, disponible à recevoir la Parole de Dieu qui le fait vivre, et à accomplir sa volonté pour servir le frère ? Que ce ‘frère’ le mérite ou non, qu’il soit reconnu comme ‘frère’ ou comme simple ‘voisin plus ou moins hostile’, plus ou moins tombé dans le fossé de sa vie, fut-il doré… L’unité dans la communion fraternelle se dévoile alors comme don pour un cœur se reconnaissant comme ‘miséricordié’.
C’est en exerçant cette volonté de servir le frère comme Dieu vient servir sa créature et lui redonner vie, que le disciple expérimentera alors sa propre vie comme ‘miséricorde’ que le Seigneur lui aura permis de goûter et de mettre en œuvre. Raison de plus « d’aimer le Seigneur son Dieu » : à son disciple, Il fait découvrir Sa Miséricorde en la lui faisant expérimenter envers autrui ! Ainsi pourra-t-il goûter la largeur, la hauteur, la profondeur de l’amour de Dieu[1]… combien il en est indigne et combien il peut alors en être reconnaissant !
P Rémi Griveaux, Ars
[1] Eph 3, 18