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Des histoires de sourds et de malentendants, nous en connaissons tous… et nous les plaignons. Mon grand-père avait fini par vivre dans un monde complètement à part.. bien gentil, mais toujours à part. On comprend alors pourquoi la guérison que Jésus opère dans l’Evangile est si importante : permettre à quelqu’un d’enfin pouvoir entendre ! On pourrait croire que perdre la vue est terrible… il paraît que la surdité l’est encore bien davantage. Ne pas pouvoir entendre le gazouillement des oiseaux… la voix d’un fin silence en haute montagne… le murmure du conjoint (une déclaration d’amour ne se fait pas avec un porte-voix !).
Mais sans doute allons-nous passer un stade encore pire dans le handicap en remarquant les conditions dans lesquelles le Christ accomplit ce miracle : il traverse les pays de la Décapole qui sont païens. Les païens ont en effet ce handicap de ne pas ‘entendre la voix de Dieu’… contrairement aux Juifs qui, depuis l’appel (entendu) d’Abraham, ne cessent d’avancer avec ce premier mot « Ecoute, mon Fils »… si important qu’il sera repris comme porche d’entrée de la Règle de Saint Benoît.
Il est à remarquer dans l’Ancien Testament qu’à chaque fois que le Peuple de Dieu se tourne vers Dieu pour Lui demander à Le voir… ou qu’Il veuille bien Se montrer… Dieu répond par l’écoute nécessaire et à renouveler… « Voir », c’est en même temps un peu capter ce qu’on vient regarder… « Ecouter » c’est être obligé jusqu’au dernier instant, d’être disponible et dépendant de l’écoute… C’est donc rester et demeurer dans la dépendance envers autrui, et donc envers Dieu.
Et en entendant, celui qui est guéri peut enfin rejoindre l’assemblée de la société dans laquelle il vit et de laquelle jusqu’ici, il avait été exclu. Jésus-Christ guérit et la Parole de Dieu peut enfin être entendue, la communauté chrétienne peut être rejointe, l’action de grâce montant vers le Père peut être amplifiée d’un nouveau disciple… etc.
Les interlocuteurs du Curé d’Ars se plaignaient lorsqu’il haussait le ton de la voix, lors des homélies. A cela il répondait[1] : Quand je prêche, j’ai souvent affaire à des sourds ou à des gens qui dorment ; mais quand je prie, j’ai affaire au Bon Dieu et le Bon Dieu n’est pas sourd.
En conclusion : nous constatons un véritable « miracle ». C’est bien l’action de Dieu qui ouvre le cœur (la conscience, la volonté… ) à l’accueil de la Parole ! N’est-ce pas l’œuvre du Salut ? La surdité de l’homme blessé par le péché et enfermé sur lui-même est telle… qu’il faut bien une action directe et miséricordieuse de Dieu pour que l’homme accepte d’entendre… tant cette surdité s’apparente à un orgueil caché qui veut demeurer comme sa seule source, fermée sur elle-même sans que quiconque puisse s’immiscer dans la muraille… « il n’est pire sourd que celui qui ne ‘veut’ pas entendre » dit-on… quel drame… Voilà le dilemme : l’orgueil de l’homme… ou la gloire de Dieu !
Me risquerai-je avec humour : Je crois que tout, s’il n’est pas entendu, est au moins dit ! Et vous comprenez pourquoi votre curé ou recteur vous redit souvent la chose suivante : s’il n’entend pas ce que vous lui dites, n’hésitez pas à venir le tirer par la manche, à l’écart, pour lui redire à nouveau… pour qu’il vous entende… Merci !
[1] MONNIN I 378 [Nodet, 60/169]