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« Cherchez le Seigneur, vous tous, les humbles du pays, qui accomplissez sa loi. Cherchez la justice, cherchez l’humilité » nous dit le prophète Sophonie. « Cherchez l’humilité ! » Oui, mais qu’est-ce qu’au juste que l’humilité ? Il y en a tellement de contrefaçons que nous pouvons la confondre avec la modestie, la dépréciation de soi ou encore la timidité. Alors que l’humilité demandée par Dieu est tout autre chose. Pour mieux vivre cette humilité qui conduit au bonheur, nous vous proposons trois termes : lucidité, fierté et capacité.
L’humilité est d’abord une forme de lucidité sur soi-même. Nous apprenons à nous regarder tels que nous sommes et non tels que nous nous rêvons. L’humilité n’est pas une qualité qu’on se donne à soi-même à force d’introspection psychologique. C’est le fruit d’un chemin humain et spirituel. Sainte Thérèse d’Avila en parle comme une notion fondamentale pour la vie spirituelle. Plus nous considérons qui est Dieu et qui nous sommes dans la prière, plus nous reconnaissons combien Il nous aime indépendamment de nos prétendus mérites, plus nous devenons lucides sur nous-mêmes.
On peut donc dire que l’humilité est un bon indicateur de la qualité de notre vie chrétienne : les vrais humbles sont les saints qui savent tout ce qu’ils ont reçu de Dieu et ne peuvent plus se croire au-dessus des autres. Celui qui est humble est ainsi lucide sur lui-même mais cette lucidité n’est pas une résignation : c’est le fait de se savoir à la fois imparfait, pécheur, infiniment aimé de Dieu et doté de talents pour servir le Seigneur. Comme disait le saint Curé : « Si nous considérions bien ce que nous sommes, l’humilité nous serait facile, le démon de l’orgueil n’aurait plus de place dans notre cœur ». Voilà pourquoi l’humilité peut être un chemin de bonheur comme l’indique l’évangile des béatitudes.
Contrairement aux apparences, l’humilité chrétienne va de pair avec une certaine fierté. La fierté dont il est question est évidemment distincte de l’orgueil. La juste fierté nous est indiquée par saint Paul dans la deuxième lecture : « Celui qui veut être fier, qu’il mette sa fierté dans le Seigneur. » La fierté chrétienne n’est pas centrée sur soi-même, elle est une fierté d’appartenance : nous sommes chrétiens, nous sommes du Christ. Nous n’avons aucun mérite pour cela. C’est un pur don gratuit de Dieu à travers nos parents ou notre propre chemin. Cette humble fierté consiste donc dans une forme de dépendance assumée.
Ce n’est pas une dépendance aliénante mais libératrice. Celui qui découvre l’humilité comprend qu’il ne peut s’appuyer sur lui-même. Il fait l’expérience que s’il continue de mener sa vie en s’appuyant seulement sur son intelligence et sa volonté, il finira dans une impasse, une voie de garage. Les pauvres de cœur savent que leur Royaume est en sécurité et les doux que seul l’Amour peut sauver. Ils sont donc fiers d’appartenir à Celui qui peut tout.
Enfin, l’humilité pourrait être vue comme une capacité, capacité à recevoir. L’humilité est le secret de Jésus et elle est en même temps sa force : son être filial le rend capable de tout recevoir de Dieu. L’humilité est une capacité de se recevoir de Dieu. Pour pouvoir recevoir la grâce de Dieu, nous devons nous y disposer, en laissant l’Esprit Saint faire grandir en nous cette capacité de recevoir : c’est l’humilité qui permet cela. L’humilité fait craquer le Bon Dieu ajouterait aussi la Petite Thérèse.
« Cherchez l’humilité » nous dit Sophonie. Cherchons donc à être lucides sur nous-mêmes à l’école du Seigneur. Cherchons à dépendre toujours plus de lui, de sa parole et de son amour, de sorte que nous soyons fiers de porter son nom et de le dire. Cherchons à faire grandir en nous notre capacité de recevoir pour devenir comme Jésus, de vrais enfants de Dieu.