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Cette phrase du Saint Curé d’Ars nous est connue : « Oh ! les amis du Bon Dieu se reconnaissent partout ». Elle nous est rapportée par Frère Athanase et par le Frère Gabriel Taborin, et rappelée dans le livre des « pensées du Curé d’Ars » du Père Nodet[1].
Merci au Saint Curé d’être encore notre guide pour ce dimanche. Vous connaissez l’histoire : le Frère Gabriel Taborin, fondateur des Frères de la Sainte Famille, était venu rencontrer le nouveau et jeune Curé d’Ars pour se mettre à son service, pour la gloire de Dieu et auprès des plus pauvres. Nous savons peu de chose de l’entretien qui eut lieu, sinon qu’à la sortie, relatant l’événement Jean-Marie Vianney étonna son entourage en situant la rencontre à une hauteur… digne de celle de Saint Paul dans le passage de la Lettre aux Corinthiens[2] d’aujourd’hui, ou répondant parfaitement à la stupeur des disciples embarqués (au sens propre) avec Jésus sur le Lac de Galilée et surpris par la bourrasque tandis que le ‘maître’ dormait… sur le gouvernail !
Comment voir dans un ancien bourreau des premiers chrétiens (Saül), celui qui se présente maintenant dans la Lettre aux Corinthiens comme Apôtre de Jésus-Christ et porteur de la Bonne Nouvelle (de la Résurrection et du pardon des péchés), évangélisant les ‘nations’ ? Il le dit lui-même : Si nous avons connu le Christ de manière charnelle, maintenant nous ne le connaissons plus ainsi. Autrement dit : certains l’ont peut-être connu et ‘péleriné’ avec Lui en Terre-Sainte… mais cela ne fait pas d’eux des Apôtres pour autant. D’autres L’auront peut-être ignoré, voire L’auront combattu, mais le jour où ils sont renversés (convertis) par le Christ-Sauveur, ils pourront en parler d’une toute nouvelle manière : la manière de ceux qui « n’ont plus la vie centrée sur eux-mêmes » (et sur leur manière de vivre antérieure) « mais sur Lui » (dont ils reçoivent une vie nouvelle par Lui) « qui est mort et ressuscité pour eux ».
Ainsi nous mesurons l’effroi des disciples dans la barque, tandis que le vent se lève et que la barque prend l’eau… et que Jésus-Christ dort ! N’entendons-nous pas les mêmes choses aujourd’hui où la tourmente du mal se répand au Moyen-Orient, en Europe Centrale et en bien d’autres lieux d’Asie-Océanie ou d’Amérique du Sud, voire chez nous, au sein de notre ‘bonne civilisation chrétienne’ qui nous valut une telle élévation de niveau de vie, une telle culture et en même temps de tels drames jusqu’à la Shoah ? « Maître, nous sommes perdus ! Cela ne te fait rien ? »… Et nous aimerions bien réveiller le Seigneur qui semble dormir à nos yeux.
Le Curé d’Ars, dans sa conscience habitée de l’Esprit-Saint ne dormait pas ! Il a su reconnaître un cadeau de Dieu venu à sa rencontre, tandis que le Frère Gabriel sonnait à la porte du Presbytère. De même que 2 musiciens se reconnaissent par le même art, de même deux ‘habités de Dieu’ se reconnaitront-ils… Cela n’a-t-il pas eu lieu lors de la Visitation de la Vierge Marie auprès de sa cousine Elisabeth ? « N’avez-vous pas encore la foi ? » questionne alors Jésus-Christ.
[1] Pensées du Curé d’Ars ; NODET ; p 127/139
[2] 2ème Corinthiens, 5, 14-17