Semaine du 9 juin 2024

Ne nous trompons pas… n’oublions pas où est le vrai combat.

À votre avis, pourquoi le Curé d’Ars était si vigilant à la relation envers autrui et en particulier envers les frères prêtres ? « Que dirait-on de deux prêtres qui ne s’entendent pas ? » disait-il, percevant combien le témoignage de vie est au moins aussi important que celui de la Parole, et qu’il le corrobore. « Ne soyons pas dupes… de Satan » disait saint Paul à ses interlocuteurs. Il est le « diviseur » (‘diabolos’), il est « l’accusateur » (‘Satan’)… et on se souvient que le nom grec de « l’ivraie » est la « zizania » !

On mesure alors pourquoi le Christ a voulu « en appeler Douze, pour ‘être avec Lui’ (comme ami) et ‘les envoyer prêcher’ » dit saint Marc dans son Evangile. Tout le monde connaît l’homme et ses pesanteurs humaines. À tel point qu’il est inenvisageable que des êtres humains comme les autres, puissent vivre toute une vie dans une même communauté de vie sans qu’elle explose, ou avec le même conjoint sans que les deux se séparent au bout d’un temps suffisamment long, il suffit d’attendre. Or, c’est bien le contraire qui se produit ! Des couples durent et apprennent à durer, le célibat ‘pour le Royaume’ existe bel et bien, des communautés ‘mettent tout en commun, partagent, suivent l’enseignement du Christ et mettent en œuvre des coutumes nouvelles’, signes d’une vie nouvelle.

Ne soyons donc pas dupes des anicroches, des animosités diverses, des conflits divers : l’enjeu est bien plus grave que de créer simplement la discorde, voire la zizanie, et même la guerre. Il y a plus grave : porter atteinte à Dieu et à son œuvre… c’est-à-dire, porter atteinte aux chrétiens et à cette vie qui vient de Dieu, qu’ils reçoivent et dont ils tentent de vivre. C’est pourquoi le Satan sera toujours plus incisif et acharné au sein des communautés chrétiennes, voire, des couples chrétiens ou des vocations religieuses ou sacerdotales : détruire le plus fragile et le plus sensible conduit à des dégâts encore plus grands, et des répercussions encore plus étendues.

Le Christ, dans l’Évangile de ce jour, en porte l’attestation, en débusquant le travail de sape du démon, Belzébul, dont il se fait accuser dans un formidable retournement, dont la mauvaise foi de ses interlocuteurs devient patente. À la différence d’Adam rejetant la faute sur Ève… et elle-même rejetant la faute sur Satan l’ayant tentée. (Pourquoi accorder plus crédit à la parole du démon qu’à la Parole de Dieu ?) Le Christ n’accuse personne. Il dévoile la source du problème : le mal, qui fait du mal, fait mal et prend tous les moyens pour camoufler son action en faisant accuser un autre. Et tant mieux si cet autre pouvait être Dieu lui-même, qu’on finirait par avoir l’audace d’accuser de ne rien faire par rapport au mal, alors qu’il se livre en son Fils pour dévoiler son amour envers les hommes.

Ne soyons donc pas dupes. Ne nous laissons pas berner par le démon. Gardons confiance en Dieu qui est vrai Père et nous aime bien plus que le meilleur de tous les pères sur terre et toutes les mères réunies ! Ne nous laissons pas atteindre, en particulier dans les atteintes envers la fraternité et le discours envers l’autre… c’est le plus facile à falsifier. Et s’il fallait une parole de l’Évangile pour nous rappeler qu’il vaut mieux nous taire que dire n’importe quoi, souvenons-nous : « Nous aurons à en rendre compte de toutes ces paroles … inutiles » (Mt 12, 36).

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Rédacteur.

P Rémi Griveaux

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