Semaine du 27 avril 2025

Pourquoi « huit jours après la Pâque » ?

Cette citation ouvre l’épisode de la rencontre de Thomas qui n’était pas présent lors de la 1ère manifestation du Christ ressuscité aux Apôtres réunis. Pourquoi, alors, une telle importance à cette manifestation du Christ… N’est-ce que pour répondre à cette remarque de doute : « Si je ne vois pas, je ne pourrai pas croire » ? Huit jours se sont passés depuis Pâques, huit jours depuis que plusieurs ont reçu le baptême. Huit jours, et peut-être beaucoup plus depuis notre propre baptême… Que cela dit-il pour nous ? Pourquoi est-ce si important ?

 »Revêtir par votre vie ce que vous avez revêtu par le sacrement » dit St Augustin à ceux qui se réunissent 8 jours après la Pâques où ils ont reçu la vie nouvelle dans le Baptême. Oui, il y a, en porche d’entrée, le pardon des péchés.  Mais plus encore : le don de la présence de Dieu (Père, Fils et esprit-Saint) dans celui qui est devenu disciple. Il y a aussi désormais l’appartenance au Corps du Christ total qu’est « le Christ et son Église » à laquelle Il est lié. Cette réalité n’est pour l’instant pas perçue par Thomas absent du cercle des Apôtres, et il va devoir en découvrir l’importance pour sa vie-même.

Pour devenir  »christien » il a besoin, il est vrai, d’apprendre que Jésus-Christ est ressuscité d’entre les morts, ce qui est l’annonce de la Bonne nouvelle… Mais plus encore il a besoin de découvrir que son chemin de vie, sa manière de vivre sont désormais transformés et que tout va se passer autrement. Nouveauté qui n’est pas forcément perçue par tous, à preuve. L’homme entré dans le Salut demeure l’homme blessé par le péché. Il en est guéri, mais en garde les blessures de convoitises. L’homme laissé à lui-même convoite… pour lui et en dépit de tout ce qui peut lui être dit. Plusieurs nouveautés sont pourtant initialisées :

1/ 1ère nouveauté : avec le pardon de ses péchés, le disciple n’a plus les mêmes centres d’intérêt, voire, les mêmes réponses aux soifs qui pourtant l’assaillent autant que ses contemporains. Le pire pourrait être en effet, de continuer de répondre à nos soifs divines, avec des réalités seulement humaines.  »Il n’y a que Dieu qui puisse répondre » aux réelles soifs de l’homme dit le Curé d’Ars. On pourrait dire qu’il s’agit de la nouveauté personnelle.

2/ une autre nouveauté : c’est par l’annonce faite par le collège des Apôtres que Thomas apprend la Bonne Nouvelle… les Apôtres (étant) réunis en ce corps nouveau qu’est l’Église naissante vivant de l’Esprit-Saint que lui insuffle justement le Fils ressuscité. Ce n’est plus un  »cercle des Apôtres » mais  »le Corps ecclésial du Christ » présent au sein de l’humanité. On pourrait dire qu’il s’agit de la nouveauté existentielle ou ecclésiale.

Se fier au Christ passe donc par se fier à la manière de faire du Christ : c’est-à-dire, se fier à ce qui peut être reconnu comme sa prolongation sur terre, ou son instrument sur terre, et où le disciple reconnaît la présence de l’Esprit-Saint à l’œuvre. La même transformation (ou conversion) observée premièrement dans la réponse à la soif personnelle se retrouve dans la transformation de direction de vie dans l’existence quotidienne.

En effet, heureux ceux qui ne verront pas… et qui croiront. Recevoir le chemin par lequel Dieu rejoint le disciple (c’est-à-dire : le Christ vivant dans son Église), c’est recevoir par toute notre vie… ce qui est reçu personnellement et demande à l’être dans tous les replis de l’existence…  »Revêtir par toute notre vie ce qui est reçu dans le sacrement »… nous y voilà à nouveau, preuve de miséricorde à notre endroit !

Partagez l'édito sur :

Rédacteur.

P Rémi Griveaux

Les derniers éditos

Horaires d'ouverture

Horaires de messes (basilique)

Confessions (basilique)

Adoration eucharistique

Heure de la Miséricorde

Chapelet

Liturgie des heures

CONTACT