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Il y a 100 ans, le Pape PIE XI instaurait la fête du Christ Roi, par l’encyclique Quas Primas. Au sortir du Moyen Âge, où (dit en raccourci) toute la société était globalement construite autour de la relation à Dieu. Dieu étant mis au centre (l’église au centre du village)… et au terme de la vie des hommes. Et pourtant, il ne me souvient pas qu’un évêque fût un jour roi ou président, ni réciproquement qu’un roi ne devînt évêque d’un diocèse. Ce n’est pas pour autant que les 2 lieux de pouvoir n’aient jamais eu la tentation de déborder l’un sur l’autre, d’autant plus qu’ils ne sont pas seulement voisins, mais qu’ils s’interpénètrent.
C’est bien un disciple qui est citoyen, pour parler d’aujourd’hui… ou un citoyen qui est disciple ; la Cité céleste et la Cité terrestre (1) demeurant imbriquées, bien que la première soit au terme de notre histoire et que l’Amour qui en est la source soit à l’origine de ce long pèlerinage et le soutienne jusqu’au Jour Dernier.
On l’aura compris, que le Christ soit reconnu comme Roi ne se fera pas en bénissant les institutions : « Rendez à César ce qui est à César ; à Dieu ce qui est à Dieu », dit le Christ. Nous rappelant qu’honorer la relative autonomie des choses de ce monde et les charges qui y incombent est de la responsabilité de tout homme… dont la dignité inaltérable demeure d’être créé à l’image de Dieu, selon sa ressemblance, et dans le face-à-face avec son Créateur et Sauveur : le Seigneur !
Ainsi c’est bien par la conversion des hommes que, devenant disciple, chaque citoyen d’aujourd’hui instaurera par ses propres choix et attitudes, de nouvelles manières de vivre pouvant même se traduire par des lois nouvelles, honorant le Seigneur et permettant une vie meilleure parce que « selon le Cœur de Dieu ».
Ce qu’un cardinal (2) aujourd’hui défunt disait à sa manière : « Ça servirait à quoi de militer pour garder les églises ouvertes, s’il n’y a personne pour venir y prier, célébrer la messe, etc. ? » … Le Curé d’Ars l’avait fait en commençant par réparer son clocher pour y accrocher une cloche toute nouvelle… afin de permettre à chaque paroissien dans les champs de sanctifier d’un Ave, toute heure commençant… Au passage, cela donnait simultanément l’heure à tous les citoyens d’Ars… Si bien que plusieurs années plus tard, « Ars n’(était) plus Ars »… non par de nouvelles lois, mais par une pratique de bienveillance, de respect, d’amour du prochain et d’amour de Dieu s’était répandue et avait transformé les mœurs.
Alors, comment faire ?
« Soyez des hommes libres » écrit St Pierre dans sa 1ère lettre (3)… Il ne se leurre pas non plus et prolonge sa pensée : « sans toutefois utiliser la liberté pour voiler votre méchanceté : mais soyez plutôt les esclaves de Dieu. » Sauvé du reniement, il connaît la force du témoignage… Ce que le Curé d’Ars dit à son tour : « Les paroles peuvent persuader, mais les exemples entraînent (4) ».
Que le Centenaire du St Patron des Prêtres de France… puisse conforter celui de l’instauration de la Solennité du Christ-Roi…
(1) Expression de St Augustin, un long traité composé tandis que la civilisation chrétienne commençait, et l’empire de Rome vacillait à la grande crainte des chrétiens de l’époque.
(2) Cardinal André Vingt-Trois, Archevêque de PARIS, 1942-2025.
(3) 1 lettre de Pierre 2, 16
(4) Sermons “ Devoir des parents ” IV 377 [NODET 115/139]