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Il y a des gens ‘de bien’ et qui ‘veulent et font le bien’ partout. Exemple dans l’Evangile de ce dimanche, (Mc 9) où les disciples rapportent au Christ avoir « vu un homme expulser les démons en son nom sans être de ceux qui (le) suivent ». Alors, on pourrait se poser la question de la nécessité de l’Evangélisation. De plus, le pécheur entrant en conversion demeure pourtant encore pécheur, et on pourra toujours lui reprocher ses manquements. Les derniers événements autour de l’Abbé Pierre en sont l’écho. On pourrait alors se poser aussi la question de colporter ou non une œuvre qui se révèle comme jamais parfaitement achevée, quand elle n’est pas contredite, ou ruinée dans sa réalisation, voire discréditant sa source qui est pourtant divine.
Or l’Eglise obéit humblement à Dieu lorsqu’elle appelle chacun des disciples du Christ « à se joindre à ces hommes (de la société), par l’estime et la charité » (Ad Gentes, §11)… afin de les connaître… Et continue ainsi prenant exemple sur le Christ envers nous-mêmes : « Le Christ lui-même a scruté le cœur des hommes et les amenés par un dialogue vraiment humain à la lumière divine ». Nous en sommes les premiers bénéficiaires puis devenus disciples. Ainsi « de même ses disciples, profondément pénétrés de l’Esprit du Christ, doivent connaître les hommes au milieu desquels ils vivent, engager conversation avec eux ». Non pas pour les y laisser dormir, mais « afin qu’eux aussi apprennent dans un dialogue sincère et patient, quelles richesses Dieu, dans sa munificence, a dispensées aux nations ». Le vrai ‘bien’ est en effet un don propre et gracieux de Dieu que Lui-même a voulu dispenser à tout homme selon la mesure qui est la Sienne. A chacun dans sa liberté de répondre à cet appel, en premier les disciples : « (qui) doivent en même temps s’efforcer d’éclairer ces richesses de la lumière évangélique, de les libérer, de les ramener sous l’autorité du Dieu Sauveur. »
Le chemin que le Christ inaugure au milieu de sa communion avec ses disciples est bien de « ramener (toute chose) sous l’autorité du Dieu Sauveur » ; qu’il s’agisse de l’adhésion du païen à Celui qu’il va reconnaître comme Sauveur… qu’il s’agisse de la rectitude de vie du disciple encore pécheur qui doit faire les choix de la vie selon le cœur de Dieu et non plus s’accommoder par un semi-reniement avec des occasions de péché, qui conduisent à la chute personnelle, et au scandale devant autrui. L’humilité est donc de rigueur pour qui sait combien ce combat est de tous les instants. Le Curé d’Ars le savait bien, qui redisait : « Si vous lui demandiez de tout votre cœur votre conversion, sûr, vous l’obtiendriez[1]. » La ‘pointe’ est justement dans ce « de tout votre cœur »… nous le savons bien, notre cœur n’y est jamais « tout »… Le Psaume 18 de ce dimanche nous ouvre le chemin : « Préserve aussi ton serviteur de l’orgueil : qu’il n’ait sur moi aucune emprise. Alors je serai sans reproche, pur d’un grand péché » don gracieux, s’il en est !
[1] [Cath. LASSAGNE P. M. 36 Nodet 39/139]