« Effata » ! – homélie du 8 septembre 2024, 23ème dimanche du TO

Le 8 septembre 2024

Dimanche, jour où nous fêtons la résurrection du Christ. Vie divine qui donne la Résurrection et dans laquelle le catéchumène est plongé et devient chrétien. Reste pour lui à en vivre. Le geste de l’Effata  posé par celui qui baptise n’est pas moins que ce geste posé par le Christ dans l’Evangile d’aujourd’hui… cela va peut-être nous guider dans quelque découverte aujourd’hui.

Pourquoi le Christ guérit-il (maintenant) un sourd (et moyennement muet) ? Pourquoi le fait-il au milieu de ses disciples, traversant la Décapole, tandis qu’Il revient vers la Galilée ?

1/ Jésus traverse le Territoire de la Décapole : terre païenne…
L’univers païen
n’est pas un univers sans religion… ni sans ‘religieux’… Simplement les gens n’y connaissent pas « Dieu qui se révèle », « Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac et Dieu de Jacob »… Dieu qui agit dans l’histoire… et non pas des dieux comme ceux de l’olympe qui se font leur gloire et leurs caprices sur le dos des hommes…

  • Le Païen, ne connaissant pas Dieu, ne sait pas qui Il est, ni ce qu’Il fait… ni le salut, ni l’appel au bonheur.
  • Le Païen ne sait pas non plus comment réagir dans ce monde. Dans sa position de roseau pensant, tout petit dans l’univers infiniment grand… immensément grand dans l’univers infiniment petit qu’il ne connaît que très peu ; dans une société aux multiples courants politiques, sociologiques… En fait l’homme est bien « petit » !……

Il ne sait donc ni s’adresser à Dieu… ni se situer dans l’univers. Tout est magique ou obscure… cela ne date pas seulement d’hier… cela se prolonge aujourd’hui : à ce détail près qu’un peu de science fait croire à une certaine toute puissance, [« peu de sciences éloigne de Dieu ; beaucoup en rapproche »… (qui ?) … reste l’orgueil pour compliquer les choses… Et qu’un petit orage finit par un torrent de boue dévalant au milieu du village, ou coupant des voie de chemin de fer… Et je ne parle pas d’épidémies, ni d’éruptions volcaniques. Constat d’une véritable vulnérabilité de cet être si extraordinaire qu’est l’homme … mis au sommet de la création par Dieu lui-même (Gn2). « En Te servant, Toi son Créateur, il règne sur la Création » dit la IVè P. Euch.

 

2/ Le Chrétien : est un témoin de la Résurrection, et il est aussi signe du Dieu vivant et agissant ! cf Hom B16 2009.
Pour cela, le disciple apprend à écouter la Parole ET à discerner les signes… ce qui se dévoile dans plusieurs registres que je voudrais explorer avec vous :

1/ LA personne : Cela se visualise en tout premier dans son attrait envers le Seigneur (Ecouter le Seigneur : Le chercher autant que l’accueillir) Ps : « Dieu ne se refuse pas à ceux qui le cherchent (il ruse avec le pervers) »… et une fidélité dans la marche en disciple (discerner personnel), quelles que soient les circonstances, à la suite du Christ fidèle à son Père jusqu’à la Croix. Il convertit sa vie selon les appels qu’il reçoit justement de Dieu qui le sauve… ‘Fidélité’, « Ta foi sera ta constance » (Isaïe 35…) c’est-à-dire : continuer à garder la même constance envers Dieu quand on l’a rencontré dans la lumière (la même) que lorsqu’il se met à faire sombre, ou quand d’autres attraits deviennent plus instants, voire plus puissants, ou quand les contrariétés surgissent. De quoi allons-nous être témoins dans ce sens ? Effata : montre nous !

2/ Autrui : Cela se visualise aussi dans la bienveillance dans l’amour envers autrui, du pauvre en particulier…

Curé d’Ars : « On serait saint à faire des miracles que, si l’on n’a pas la charité, on n’ira pas au ciel. »  [Esprit 235 ; 30/139]

Tout autant que dans l’amour envers l’Eglise qu’il va apprendre à reconnaître autrement : L’Eglise, ce lieu où le disciple reconnaît tous ces pauvres qui cheminent avec Dieu, le reconnaissant comme sauveur ! Je parle en particulier « des chrétiens » :  Cela changerait sans doute bien des choses dans nos familles, nos paroisses, nos communautés chrétiennes, si nous avions cette vision du Christ qui donne sa vie pour chacun de nos voisins… et ces voisins, sans doute un peu rugueux, pour lesquels le Seigneur en effet, déploie des trésors d’Esprit Saint pour qu’il vive ! Effata : montre-nous, Seigneur ! Mon voisin qui est en fait « en train de se convertir »… il découvre peut-être son histoire avec Dieu agissant, justement en ce moment où il est rugueux pour moi, plus ou moins bien habillé, nous rappelle St Jacques aujourd’hui, ou me faisant souffrir.

3 / L’histoire (ou nos situations) : Cela se visualise encore dans le discernement de l’œuvre de Dieu dans le monde, et dans l’histoire (ex : que vivons-nous, même si notre civilisation autrefois chrétienne semble disparaître).

Curé d’Ars : « Dieu ne nous perd pas plus de vue qu’une mère ne perd de vue son enfant qui commence à remuer le pied. » Sermons “ Fête-Dieu ” II 120  [24/139]

Cette œuvre de Dieu se voit tout  autant que dans sa fidélité envers l’Eglisemater et magistra’ par qui le Seigneur prend soin de son Peuple (bis !) mais en a-t-il des témoins ?. Dieu ne s’est pas incarné pour rien, la vie chrétienne n’est pas une vie hors-sol ou qui favoriserait la rêverie : le même Esprit Saint œuvre autant en chacun des chrétiens que comme ‘architecte’ du corps vivant qu’est l’Eglise toute entière. Effata : la vraie histoire est « avec Dieu » qui ne cesse pas d’être fidèle à Sa créature, et qu’Il accompagne, voire, précède en Son Fils, Il l’a montré.. Il le montre toujours ! le chrétien apprend à y introduire ceux qui lui sont confiés naturellement ou par mission.

Conclusion : Effata : ce qu’il dit peut-être aujourd’hui pourrait être une exclamation…

Heureusement que le disciple a été ouvert à l’action de Dieu dans sa vie !…

Ce que dit le psaume à sa manière… : comment rendrai-je toute grâce au Seigneur ? (en élevant la coupe du Salut)

Effata : et peut-être que toute son éducation divine sera désormais de cet ordre-là :

  • grandir au milieu des attraits de ce monde,
  • toujours plus fidèlement dans le discernement et l’attrait qui vient de Dieu et
  • ce même attrait qui conduit aux hommes pour leur faire découvrir ce Dieu qui ne demande qu’à être connu,
  • pour que son Salut et son amour des hommes soit reconnu, et accueilli, et mis en œuvre.

La Vierge Marie n’est pas qu’une image proposée à notre souvenir , elle est aussi anticipatrice dans sa personne de ce qui sera réalisé dans toute l’Eglise… ce que vivra l’Eglise-humanité racheté à la fin des temps :

  • La Vierge Marie a dit « Voici la Servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon Ta parole ! »…
  • peut-être pourrons-nous dire un jour « voici la servante du Seigneur, il s’est fait selon Ta Parole ! »

 

 

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Rédacteur.

P Rémi Griveaux

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