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Après un tel témoignage des derniers instants de la vie de Jésus-Christ, nous ne pouvons pas rester indifférents. « que devons-nous faire ? » ? C’est ce que nous pouvons nous demander… c’est peut-être ce que nous DEVONS nous demander. C’est ce que demandèrent les premiers à entendre cela lorsque St Pierre appelé auprès d’eux, en fit le récit… on le voit dans les Actes des Apôtres (2,38)… « Que devons-nous faire ? » Réponse de Pierre : « repentez-vous, et que chacun se fasse baptiser pour le pardon de ses péchés… et vous recevrez l’Esprit-Saint, ce qui était promis »…
1/ Le baptême, sans doute beaucoup d’entre nous l’ont-ils reçu. Donc c’est fait !
2/ L’Esprit-Saint… objet de la promesse divine… a été reçu avec… Donc c’est fait… et de la part de Dieu, donc c’est parfait !
3/ Reste la conversion ! Sans doute a-t-elle déjà commencé. Sûrement est-elle à continuer !
Nous nous rappelons que c’est cette difficulté à la conversion qui atteignait tant le Curé d’Ars tandis que ses paroissiens venaient bien à l’église mais ne changeaient pas tant que cela dans leur vie ! Il allait jusqu’à dire qu’il aurait « bien voulu se confesser pour eux » ! Original ! Mais on sent bien un profond amour pour ces paroissiens récalcitrants ou tout simplement indifférents… ou, pire encore selon Péguy : « paroissiens habitués » !
Gardons-nous d’être des habitués ! … c’est sans doute par là que va passer la conversion et son réveil !
. Habitués à nos église ouvertes… quand elles le sont encore…
. Habitués à un prêtre à nos enterrements, quand il y en a encore, et à ARS on a encore cette chance-là !
. Habitués à entendre parler l’Eglise… quand on ne lui reproche pas son discours clair et bienveillant (les 2 !), mais sans compromission avec le mal ; et ce mal si particulier qui se présente sous la forme d’un « faux bien »… si séduisant et si répandu dans la société ! On connaît les refrains : « Tout le monde le fait, tout le monde le pense, alors pourquoi pas nous ? pourquoi l’Eglise ne change pas ? ne s’adapte pas ? »
. Habitués à … Habitués… à bien des choses… Gardons-nous d’être des habitués !
Mais est-ce pour autant que nous nous soyions rapprochés de Dieu ?
Est-ce pour autant qu’on ait vécu la joie de la réconciliation avec celui qui nous avait blessé ?
Est-ce pour autant que l’on ait … et on pourrait continuer une longue énumération…
Alors je vais directement à la conclusion, regardons quelques actes salvateurs ; nous relèverons 3 facettes
1/ Par rapport à Dieu : Louer le Seigneur, quoique plutôt : Entrer dans l’action de grâce ! Œuvre de gratitude devant tout ce que Dieu fait pour nous. Louer, c’est bien… mais rendre grâce, c’est ouvrir une porte qui va conduire encore plus loin, nous allons le voir. [Le Christ ne s’est pas contenté de « louer le Père »… il a rendu grâce… et il s’est offert ! justement là où ça ne plait pas au prime abord… justement là où je n’y suis pas prêt… justement là où cela contrarie ma volonté propre, ou demande un effort à ma liberté]
2/ Par rapport à toute action : « Que puis-je faire ? si je ne peux pas l’offrir à Dieu, le vivre en présence de Dieu ? » Ne faire que ce dont Dieu puisse être témoin. Disons chaque matin : “ Tout pour vous plaire, ô mon Dieu ! toutes mes actions avec vous ! ” Esprit 305 – MONNIN II 574 [Nodet 31/139] ; Voici une bonne règle de conduite : Ne faire que ce qu’on peut offrir au Bon Dieu. MONNIN I 338 – Esprit 61 [Nodet 32/139]
. Exemple : peut-on rester au lit tandis que la cloche de la messe sonne ? Non ! Et c’est bien, car vous êtes là !
. Exemple : peut-on rester sans bouger, tandis que le magasinier d’à côté est tout seul à porter le lourd colis, et qu’en plus personne ne lui tient la porte ?
. Exemple : peut-on rester dans le mutisme, alors que le subalterne au travail se fait caricaturer et sera bientôt accusé à tort ?
. Exemple : peut-on rester indifférent, tandis que le collègue de concours patauge allègrement dans son problème de math, alors que pour moi c’est du billard ? …
Vient alors la 3ème attitude : l’offrande ! fruit du passage par la croix ! (je dis bien « fruit »… car c’est alors que Jésus-Christ agit)
3/ Seigneur, Tu me demandes d’aller jusques là ? Je vous disais tout à l’heure que « l’action de grâce » allait plus loin que la louange (même si une louange peut évidemment porter l’action de grâce) !
S’offrir à Lui : C’est le don en retour. C’est le don en retour d’un tel amour pour nous ! « que bonheur de t’aimer Seigneur et d’être aimé de Toi » (Curé d’Ars)! On demande aux chrétiens d’être chrétiens… véritablement ! et pas d’en avoir simplement le nom ou l’appellation. Peut-être serons-nous des « décalés » par rapport à notre société… mais il vaut mieux être des « décalés », que d’être des « habitués » ! Alors ces chrétiens-là, rassurez-vous, témoigneront, de fait.
« Il n’y a pas deux bonnes manières de servir Notre-Seigneur, il n’y en a qu’une, c’est de le servir comme il veut être servi ». [Nodet 31/139]. Et c’est cela : le servir comme il veut être servi : Jésus-Christ veut des Frères et des Sœurs, à nous de jouer !
Et avec le Seigneur, tôt ou tard, si nous marchons à sa suite, et surtout si nous marchons « comme Il le veut »… tôt ou tard… il y aura cette entrée dans la communion de notre part avec-le-Christ-en-train-de-s’offrir… Et là vous sentirez en vous monter la joie, lorsque le Christ vous relève et lorsqu’Il met en vous ce que vous n’avez pas… pas encore… mais qui est la régénération du disciple (St Paul en parle ainsi). Vous serez habité par cette Joie où le Fils re-suscite, dans le disciple son frère, ce que le Père veut donner à tous, mais que si peu reçoivent ! Ce n’est plus seulement le pardon des péchés, c’est la transfiguration, l’union à la vie divine !
Vous aurez la cerise sur le gâteau :
« On connaît les amis du Bon Dieu à ce qu’ils font (même) ce qu’ils ne sont pas obligés de faire. Abbé TOCCANIER P. O. 143 61 [Nodet 32/139]. Voilà ce qui se passe avec l’amour débordant du Seigneur dans le cœur du disciple ! Ça déborde !
Ce que St Augustin dit à sa manière dans les Confessions au Livre X :
« Ce sont tes créatures, mes frères,
Et tu en as fait tes fils, mes maîtres,
Que je veux servir avec Toi, si je veux vivre de Toi » !
il s’agit bien d’une religion du bonheur !
(cf. Benoît XVI, vidéo 2009 lors de la Retraite Sacerdotale internationale à ARS.)