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Aujourd’hui, je vais parler à des adultes chrétiens, à des chrétiens adultes.
Avez-vous remarqué ? le saint… se voit « pécheur », et pas dans la lumière… il est plutôt dans les difficultés, et souvent entouré d’échecs, qui le remettent en cause ou pourraient l’accuser aux yeux des hommes.
1/ Un contraste éblouissant…, où la créature est introduite dans ce qui aurait pu l’écraser par sa grandeur : la gloire de Dieu.
Ce qui frappe d’abord : la disproportion entre la gloire divine, manifestée par la lumière blanche, face à l’écrasement des apôtres, l’accablement de sommeil, et la survenue de la nuée.
En se montrant dans sa gloire, le Christ dévoile son être divin jusqu’ici gardé caché. Ce qui nous fait comprendre qu’en se révélant en son Fils, Dieu en même temps atténue le rayonnement de sa gloire en la cachant dans le corps de Jésus-Christ… Quel rayonnement ce serait sinon. Comment la nature humaine pourrait y survivre, et en plus pécheresse ?
ON peut constater aussi que deux êtres humains sont eux-mêmes dans cette lumière éblouissante, et semble y avoir leur place sans difficulté, et en dépit de toute fragilité pourtant reconnue de la créature devant son Créateur. Ils discutent même librement avec Jésus-Christ, Sauveur-Rédempteur. Moïse et Elie. Celui qui a conduit la libération d’Egypte [ils en parlent], la traversée du désert, et jusqu’aux abords de la Terre Promise. Et celui qui a vécu dans le face à face avec Dieu sur le mont Horeb,… et a perçu « la voix d’un fin silence » au fond de son être…signature de la présence de Dieu et du dialogue avec Lui ; Terre Promise déjà atteinte (communion avec Dieu).
Est donc en même temps dévoilée la place finale pour quiconque marchera dans l’obéissance avec Dieu : le dialogue avec Dieu, par-delà la porte de la mort, dans la lumière-même de Dieu, pas moins !
Et c’est même dès maintenant que la plénitude de Dieu répond à la soif de l’homme. St Pierre ne s’y est pas trompé, même s’il y répond de manière un peu précaire ou rustre : « faisons 3 tentes… »
+ Le ciel par son immensité, le Bon Dieu par son amour, peuvent seuls remplir l’infinie capacité des désirs de ce cœur qui n’est fait que pour aimer. Dit le Curé d’Ars… cela se vérifie. [ Voix du Bon Pasteur 1861, 30 – Heures Catholiques 524 NODET 30/139]
+ L’âme ne peut se nourrir que de Dieu. Il n’y a que Dieu qui lui suffise : il n’y a que Dieu qui puisse la remplir : il n’y a que Dieu qui puisse rassasier sa faim ! Il lui faut absolument son Dieu ! [Esprit 137 ; NODET 54/139.]
2/ « Ecoutez-Le » dit le Père, dans une voix provenant des Cieux et qui se fait entendre par tous.
Le chemin vers la gloire de Dieu et la communion avec Dieu s’ouvre devant les Apôtres… parce que le Christ va maintenant le prendre avec détermination.
+ Il s’agit bien du chemin « de la Passion », et pas d’un incident de parcours… où Jésus se serait trompé, et où il aurait pu passer par un autre chemin.
+ De plus, il a « reçu » ce chemin dans la prière… : ils sont tous les 4, Jésus-Christ et les 3 apôtres Pierre, Jacques et Jean, au même endroit. La nouveauté est que le Christ y est « dans la prière » : c’est donc dans la prière qu’il reçoit ce chemin. C’est dans la « communion avec le Père » qu’est le « chemin de la Passion » !
La souffrance est une contrariété redoutable pour les hommes, par rapport à ce qu’ils connaissent de l’amour de Dieu pour eux. Il est contrariant d’aimer Dieu et de s’y voir parcourant un chemin contradictoire qu’est la souffrance, la déréliction, la mise à mal de notre petite personne dans ses rêves, la contrariété de notre volonté propre… de passer par la « porte étroite »…
Avec le Curé d’Ars, nous avons un « maître » formidable :
[Il faut demander l’amour des croix : alors elles deviennent douces]. J’en ai fait l’expérience : Pendant 4 ou 5 ans j’ai été calomnié, bien contredit, bien bousculé. Oh ! j’avais des croix… J’en avais presque plus que je n’en pouvais porter ! Je me mis à demander l’amour des croix… alors je fus heureux. Je le dis vraiment : il n’y a de bonheur que là… [MONNIN P. O. 1098 – MONNIN I 453 – Esprit 199 ; NODET 91/139]
Vous dites que c’est dur ! Non, c’est doux, c’est consolant !… Seulement il faut aimer en souffrant, il faut souffrir en aimant. [MONNIN II 473 – Esprit 189 ; NODET 91/139]
Conclusion en effet : C’est dans la « communion avec le Père » qu’est le « chemin de la Passion » !
3/ « Beaucoup se conduisent en ennemis de la Croix du Christ » dit St Paul aux Philippiens 3,18… Là où « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés » 1 Tim 2, 4.
« Imitez-nous » dit St Paul aux Philippiens … face à ceux qui « se conduisent en ennemis de la Croix du Christ » : ils cherchent une échappatoire devant les exigences et nombreuses difficultés de la conversion et de la marche résolue sur le chemin de la conversion… Les Philippiens voudraient bien le Salut, mais sans prendre le chemin du Salut et qui commence par la renonciation au péché et au chemin de la paresse et de la facilité… la porte est étroite, et large est celle de la perdition… Les Philippiens voudraient bien le Salut, mais tout en continuant à tourner le dos à Dieu, à le laisser de côté, tout en gardant leur chemin de perdition… et à tenter de trouver des solutions sans Lui !
Mais en Ephésiens 5,2 St Paul rajoute une précision : Imitez Dieu, puisque vous êtes des enfants qu’il aime ; vivez dans l’amour, comme le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même à Dieu pour nous, en offrande et victime, comme un parfum d’agréable odeur. (Ep 5, 2)
+ Et qu’est-ce que « vivre dans l’amour » ? « Vivez dans l’amour comme le Christ » : il a vécu dans l’amour : il s’est livré ! Paul ne dit pas « il a vécu dans l’amour : il a vécu sur un édredon ! »…
+ Il y a donc une décision à prendre aujourd’hui, et en toute connaissance de cause :
Pour entrer dans la Lumière (et c’est là notre but, et qui seul peut nous rassasier) il nous faut faire confiance au Christ MEME DANS LES MOYENS DE SALUT : prendre le chemin de la Croix, du renoncement, des contrariétés… de la remise en cause de notre égo…
CONCLUSION : + or, nous n’y sommes pas abandonnés et comme si la récompense était si lointaine au bout du chemin. Nous oublions encore ce fait central : le Christ y est présent… pour nous… de même que le Père était présent, pour son Fils, même à Gethsémani, même sur la Croix, où le Fils vit et assume pourtant l’éloignement le plus lointain de Dieu, conséquence du péché de plus grave de tous les hommes réunis. Le Père se taisait, mais il était présent… aujourd’hui, peut-être que le Fils se tait… mais il est présent… et les frères aussi sont présents… à moins que… ce soit nous qui ayons abandonné notre frère chrétien, le laissant tout seul dans sa démarche…
La grande consolation et la grande assurance est bien que :
Et là, advient la « souffrance paisible » ; expression forgée par le Curé d’Ars :
Une souffrance paisible n’est plus une souffrance. Nous nous plaignons de souffrir ! Nous aurions bien plus de raison de nous plaindre de ne pas souffrir, puisque rien ne nous rend plus semblables à Notre Seigneur que de porter sa croix !… Je ne comprends pas comment un chrétien peut ne pas aimer la croix et la fuir ! N’est-ce pas fuir en même temps celui qui a bien voulu y être attaché et y mourir pour nous ? [MONNIN I 452 – Esprit 351 ; NODET 91/139]
Voilà que ré-apparaissent l’éblouissement de la gloire de Dieu et de sa lumière… et le contraste, au même moment, avec la pesanteur ou l’écrasement… D’où la décision à réellement décider : de marcher avec LUI !