Homélie du 23 mars 2025, 3ème dimanche de Carême

Le 23 mars 2025

On vient auprès du Christ et on le met en demeure de répondre à la question du mal et de la mort. (Il répond par la VIE !)

1/ Et dans un premier temps, à cause de la méchanceté d’autrui : Pilate a été meurtrier en assassinant des juifs. Et doublement meurtrier car ils étaient en train d’offrir un sacrifice à Dieu !

Mais une question demeure cachée et sous-jacente : que faisait Dieu lui-même, en permettant cela ? Dieu peut-il continuer à être considéré comme Dieu, après cela ? Peut-on continuer à l’accueillir comme « bon » ? ou comme « juste »?

Peut-on continuer à « croire », alors que des hommes meurent injustement, par la faute d’autres hommes ?

Mais le Christ, dans un 2ème temps, pousse le raisonnement dans ses retranchements (c’est-à-dire : le soupçon envers Dieu):

2/ Que peut-on alors dire devant cette situation parfaitement arbitraire où 18 Galiléens se retrouvent ensevelis sous la tour de Siloé qui vient de s’effondrer ? Il ne sert à rien d’accuser les maçons, ni l’architecte… elle est déjà ancienne… on est donc dans le plein arbitraire.

La question est pire encore : Dieu n’est pas mieux que du fatalisme ! Injuste et arbitraire.

Mais alors, pourquoi le Christ répond-il en parlant de la Conversion… et non pas de ce que fait Dieu (ou ce qu’Il ne fait pas, ou ce qu’Il devrait faire ?)… ? non pas sur la « mise en demeure de Dieu »…

OR dans un Evangile, où Jésus est cohérent, le Christ répond par une parabole qui suit immédiatement le récit fâcheux : le « maître » est en train de visiter sa vigne… et le figuier qui s’y trouve planté… Il ne vient pas chercher les fruits de la vigne, pourtant plus étendue, mais ceux du figuier, apparemment unique, et planté visiblement volontairement ; et en destination de porter du fruit. Revenons alors à cette situation devant le mal et l’arbitraire :

+ Tout le monde se pose la question de « Dieu », et de « ce que Dieu devrait faire » devant de tels drames de la vie quotidienne, avec ou sans tyran à la tête des villes (comme Jérusalem, avec Pilate) ou à la tête de pays entier, ou à la tête de familles ou d’entreprises, ou de paroisses ou sanctuaires… que sais-je ; on peut rajouter la maladie, les injustices… etc ! Tout le monde se pose la question de « savoir ce que fait Dieu »… voire, tout le monde met en demeure Dieu de répondre et d’agir !

+ Mais qui se pose la question de répondre à ce que fait Dieu déjà en ce moment ? D’accueillir ce fait déjà Dieu ?

Or dans l’histoire de l’humanité, un peuple accueille et est chargé de répondre, celui dont la vie en est un exemple :

+ Seul le Peuple Juif sait que Dieu est « le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob »… tel qu’Il se révèle à Moïse [double révélation] … Ce « Dieu qui est », conformément à la révélation au Buisson Ardent , est « Dieu le vivant », et c’est de Lui que vient toute vie… actuelle et pour toujours. Israël devrait le savoir…. ET « Dieu fait vivre », toute l’histoire d’Israël en est témoin ! L’enjeu est donc bien de ne pas « lâcher » Dieu… et de vivre avec Lui, grâce à Lui, pour Lui et avec Lui !

+ L’histoire d’Israël le montre bien dans ce que produit l’accueil, et ce que produit le refus.  2Co le dit : TOUS ont eu part au baptême de la sortie d’Egypte… CERTAINS sont mort dans le désert, à cause de leurs murmures, et de leurs « idolâtrie, débauche, mise à l’épreuve envers Dieu (et plus tard 🙂 envers le Christ ».

+ Ce ‘est donc pas « la mort » qui est en question… mais le fait de se tourner vers Dieu.. de se convertir… et alors, même la mort changera de statut. Et Alors, dès maintenant… la mort ne sera qu’un passage… peu facile à franchir, certes, mais d’un tout autre goût lorsque le goût de Dieu qui est LA vie est reconnu en premier, accueilli, et vécu !!

Et c’est  cette vie qui vient de Dieu que les païens ignorent. Eux n’ont ni Abraham, ni Isaac, ni Jacob, ni l’histoire d’Israël !… Ils sont cette vigne au milieu de laquelle, Israël peine à porter du fruit… parce qu’Israël peine à reconnaître Dieu et à se fier à Dieu… mourant comme les autres dans le désert ! Or le figuier qu’est Israël devrait manifester cette foi qui le fait vivre ! « Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même »… comme des païens qui ne connaissent pas Dieu… vous périrez en insultant Dieu, sans avoir même pris le temps de Le découvrir et de l’aimer vraiment ! C’est donc la foi d’Israël que Dieu attend et que le Fils vient raviver ! Tout en ayant les mêmes questions que les païens, Israël ne peut pas répondre comme s’il ne connaissait pas Dieu ! Tout l’Ancien Testament atteste l’œuvre de Dieu envers Israël, et qui le fait vivre !!

OUI, Dieu est patient, et vient prendre soin de son peuple, pour tout autant prendre soin des païens… « Que nous serions malheureux si le Bon Dieu ne nous aimait que comme nous l’aimons » Curé d’Ars 81/139… et Curé d’Ars continue : « nous recevons toujours les sacrements, et nous sommes toujours les mêmes…, prenons garde » Curé d’Ars 80/139

CONCLUSION : Devant la mort comme devant la vie : que nous puissions être ces figuiers dispersés dans les vignes éparpillées dans le monde… portant du fruit au milieu du monde… et qu’ainsi nous puissions nous approcher du Royaume qui s’approche de chacun de nous à chaque instant : « maintenant et à l’heure de notre mort ».

Partagez l'homélie sur :

Rédacteur.

P Rémi Griveaux

Horaires d'ouverture

Horaires de messes (basilique)

Confessions (basilique)

Adoration eucharistique

Heure de la Miséricorde

Chapelet

Liturgie des heures

CONTACT