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A l’heure où le Conclave va s’ouvrir… (ou plutôt se fermer sous clef) la question du jour est encore plus pertinente. Quelle manière d’être et de vivre, en situation d’Evangélisation qu’est la nôtre aujourd’hui ?
1/ Les chrétiens (Apôtres en particulier) sont témoins du Salut, sinon ils ne seraient pas là !
En fait par « les Actes » nous apprenons la manière dont Pierre lit les événements : « Dieu accorde à Israël la conversion et le pardon des péchés ! »… cela enclenche deux choses qui se confortent mutuellement : l’obéissance et le don de l’Esprit-Saint… Et Pierre explique :
Dans les Actes des Apôtres, Pierre répond qu’ « il vaut mieux obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes ». Comment prendre cette phrase ? Il ne s’agit pas de mépris, ni d’arrogance. Les Apôtres font une réponse courageuse, car ils sont en situation de vulnérabilité. Il sont en comparution devant le Sanhédrin qui après avoir décidé de la mise à mort du Christ, peut très bien décider la leur.
Et il donne lui-même l’explication : devant la mort/Résurrection de Jésus de Nazareth, les Apôtres reconnaissent l’accomplissement des promesses du Salut (pardon des péchés) et de la conversion (donnée) nécessaire … dont leur démarche est en fait le signe. C’est par suite du Salut qu’ils entrent dans l’obéissance à Dieu, et reçoivent la surabondance de l’Esprit Saint. A la fois, signe du Salut, à la fois, donné à ceux qui obéissent à Dieu. Esprit-Saint et obéissance sont liés, dans les 2 sens. Il n’y a pas de moyen terme : le Salut est l’œuvre de la grâce de Dieu. Ceux qui y entrent se mettent alors à obéir à Dieu et en reçoivent l’Esprit-Saint (qui les fait vivre désormais) ce dont ils témoignent alors, et maintenant.
2/ Un « triple oui » à relire plus attentivement :
Nous remarquions en début d’homélie que de tels textes nous semblaient particulièrement bien venus tandis que va s’ouvrir le Conclave qui doit procéder à l’élection de celui que les Chrétiens reconnaîtront comme le Pape envoyé par Dieu, pour les années à venir.
Nous nous souvenons tous du triple reniement du premier pape qu’avait été St Pierre. Et nous comprenons bien qu’au moment de retourner auprès du Père, le Christ s’assure de l’idonéité du personnage qu’il va instituer à la tête de son Eglise. Ainsi donc, par trois fois, il fait revenir à la foi et à la vie chrétienne (voire, revenir au témoignage possible) celui qui avait renié par trois fois. Est-ce bien le fond de l’épisode que le Christ fait vivre à Pierre ? Nous n’en sommes pas sûr… ou plutôt, cela nous semble trop « court » comme explication. Pourquoi ? Tout simplement parce que nous savons bien qu’aucun acte de quelque chrétien que ce soit ne peut pas produire, ni obtenir, le pardon venant de Dieu. Seul Dieu peut donner le pardon. Rien de la part de la créature pécheresse ne peut le Lui arracher ! aucun mérite, aucun crédit de gloire à mettre en avant ! Alors que se passe-t-il réellement entre Jésus-Christ et Pierre ?
En fait, il ne s’agit pas d’un « triple oui »… mais d’une démarche plus subtile. Là où la traduction française ne permet pas de voir le glissement, le grec est flagrant. 2 mots peuvent dire « aimer » : « agapein » (aimer de charité divine) ; et « philein » (aimer d’amour humain)… on pourrait traduire par « amour divin », ou « amour de dilection » (préférentiel)… et « amour humain », ou « amitié humaine ». Distinguer « amour » et « amitié », par exemple.
Lors des deux premières demandes, le Christ pose la question de l’amour divin… et Pierre répond par… l’amitié humaine… C’est lors de la 3ème question, que le Christ le met devant sa limite en posant la question de l’amitié humaine… ce que Pierre accepte de reconnaître : il n’aime pas plus qu’avec l’amitié humaine, et il demeure loin de l’amour préférentiel pour Dieu, et encore plus éloigné de l’amour divin, et qui est le seul amour digne de Dieu et de retour à Dieu.
Bien plus que de dire « trois fois ‘oui’ » là où lors de la Passion il a dit « trois fois ‘non’ » en « reniant trois fois », ce qui existe pourtant d’une certaine manière, le plus important de la démarche où le Christ introduit Pierre est la reconnaissance de sa condition de pécheur et l’entrée dans l’humilité.
+ Et c’est dans cette humilité que le Christ l’appelle alors à Le suivre (et ce sera toujours le cas, et pour toute mission dans l’Eglise) : « suis-moi » s’adresse à un pécheur pardonné, relevé… et qui expérimente alors la nouvelle manière de vivre toute chose dans l’humilité et en recevant tout de Dieu ; en SE recevant de Dieu, en recevant de Dieu la charge qui sera la sienne à venir, les moyens de porter cette charge et de réaliser cette mission.
+ Sans l’humilité, Pierre serait écrasé, voire anéanti, par cette charge de Pape… Et il y a fort à parier que ce chemin que les gens de la logique du monde regardent comme un chemin de gloire, soit bien plus souvent un chemin d’humiliation, de quolibet, quand ce ne sera pas de martyr, sachons-le.
3/ Conclusion : Un chemin d’humilité et qui vaut pour tous
Nous allons donc aussi prier pour le futur pape que le Seigneur est en train de préparer à Son Eglise… Nous pouvons aussi garder que ce qui est dit, en tout premier et comme exemple concernant Pierre, concerne aussi toute charge et toute mission dans l’Eglise du Seigneur. Charges et missions (dans l’Eglise) ne peuvent être reçus (et donnés) que dans l’humilité, et vécus par un disciple passé par un chemin d’humilité, sinon identique, de moins fondé à l’identique de celui de St Pierre… (1) le chemin du Curé d’Ars, que nous évoquions dans l’Edito de ce dimanche, 3 fois remis dans l’humilité de son poste de Curé, en est un exemple éminent, et pas qu’à Ars. On ne court pas après une nomination, on la reçoit ! et en tremblant… (2) « ils repartirent tout heureux d’avoir été jugés dignes de subir des humiliations pour Jésus »… dit les Actes… Les humiliations : elles ne font souffrir que quand c’est l’orgueil qui réagit devant l’événement. Ce qui fait souffrir : c’est l’orgueil dans lequel on reçoit l’humiliation… ce n’est que la vérité qui nous est dite… le reste, c’est « devant Dieu » nous dit le Curé d’Ars. Il s’agit donc bien d’un chemin d’humilité dans lequel le Seigneur engendre Pierre, le prenant là où il est… pour le conduire… à Sa suite ! Il en sera de même pour tout chrétien… le Curé d’Ars l’a reçu… d’autres le recevront aussi. C’est la joie du disciple car il sait qu’il est là où Dieu le veut !