La démarche du disciple – le 15 septembre 2024 – homélie du 24ème dimanche TO

Le 15 septembre 2024

Devenir Chrétien est :

. le fruit d’une rencontre,

. d’une découverte de Jésus-Christ Sauveur en se reconnaissant bénéficiaire du Salut reçu ‘de’ Lui,

. En retour, c’est une marche en compagnonnage avec JC, en action de grâce envers le Père,

. Un accueil comme frères de tous ceux qui entrent dans la même démarche… la même disponibilité….

N’oublions donc jamais ce qui est 1er dans cette démarche : l’attirance par le Christ Sauveur… découverte et entretenue à partir de maintenant. Ce n’est pas d’abord une bonne explication… Et cela peut se résumer en une question : Qui te fait vivre ?

 

Que voulons-nous vivre ?

Jusqu’où êtes-vous prêt à aller (dans le don de votre personne) pour suivre Jésus-Christ?

C’est la question que, tout compte fait, nous fait poser Simon-Pierre…, dans son attitude envers le Christ.

Nous constatons qu’Il est croyant au Christ… « tu es le Messie »… il dit une chose juste… que (chez St Matthieu) le Christ authentifie comme « l’œuvre de Dieu en lui »…

Mais quant à devenir « pratiquant », nous nous apercevons que les choses ne sont pas si simples…

Il est croyant, tant que ça reste dans son univers, son horizon de vie… même son horizon de vie religieux : il n’est pas très loin des Scribes et Pharisiens de son entourage.. Il est pratiquant selon leur foi qui attend le Messie et, pour lesquels le Messie est rayonnant, instaure sa puissance par un règne sans contexte… puisque c’est Dieu qui dirige tout cela.

 

Et voilà que le Christ, apparemment le réprimande… et Il le fait « publiquement », ostensiblement… Il y a donc un but ! Certainement pas celui d’humilier Simon-Pierre…

 

« Suis-moi » est le mot clef que donne le Christ. Le Christ donne donc la « manière » d’être chrétien : Le suivre !

+ Au passage, nous avons de la chance, car le Christ nous aide à discerner :  il a débusqué où était le problème.

+ Celui qui fait entrave à l’œuvre de Dieu, dans son Messie, c’est le Diable (qui divise d’avec Dieu, d’avec l’œuvre de Dieu)…  + Quiconque fait autre chose, ou autrement que ce que fait Dieu se divise de son projet et de son œuvre qui donne la vie et le Salut… c’est mortel pour lui… et ce n’est certainement pas ce que le Christ veut pour lui.

+ Donc, aussi tôt, le Christ instaure le chemin de Salut : « suis-moi » ! ce qui est le chemin de la foi : marcher avec Jésus-Christ, le Messie. Et cela, qu’il y ait du soleil, en pleine lumière, qu’il y ait n’importe quelle obscurité.

Le Christ donne le chemin de la foi…

 

Ce chemin de la foi donne un double surcroit (une double prime) inestimable :

  • ce surcroît est que Simon-Pierre est sûr d’arriver à bon port…
  • et une assurance indéfectible où … Simon-Pierre est protégé… en étant « à la suite » il est « derrière » et protégé des coups et des flèches de l’ennemi, et n’en recevra qu’une infime part !

Gagné !

La foi ne suffit donc pas, encore faut-il « l’attitude de foi »… qui nous fait nous en remettre à celui qui donne la Vie, qui donne la Vie en donnant Sa Vie… et

[Jn 6,51] En confirmation un autre « lieu » existe dans l’Evangile, où Simon-Pierre finit par s’en remettre totalement, y compris dans les moyens et le chemin, au Seigneur : Jean 6,51 « à qui irions-nous, tu as les paroles de la vie éternelle »

 

C’est l’attitude de foi qui consolide la foi et en fait une « foi vive »…

  • sinon elle risque fort d’en rester à de la simple conviction, quand ce n’est pas de la superstition…
  • Elle peut même cristalliser, rigidifier Dieu et Dieu dans son œuvre en cristallisant dans une manière de faire (voire un aspect de la religion) que j’aurais absolutisé à ma manière… « nous ferons la volonté de Dieu que Dieu le veuille ou non » André Frossard…
  • jusqu’à empêcher Dieu de faire selon ses chemins qui sont au-dessus de nos chemins.

 

« La foi vive » : C’est une attitude qui est le propre du disciple ! On est toujours le disciple de quelqu’un… le foot, la musique, la réputation, les followers, la mode, le compte en banque… le tout est bien de ne pas se rater :

 il vaut mieux être disciple de celui qui donne la vie ! et hiérarchiser le reste ensuite, après…

Bonne nouvelle… jusque et y compris pour ceux qui ne trouvent pas leur place dans l’Eglise, s’estime à l’écart, ou ne peuvent pas recevoir les Sacrements (pour raisons multiples ou diverses) : Ils peuvent vivre en disciples, en vivant justement « l’attitude de foi »… ex : Même des divorcés remariée peuvent avoir l’attitude de foi… ce qui FAIT la communion vivante avec le Christ.

 

« Montre-moi tes œuvres, je te montrerai quelle est ta foi » dit Saint Jacques…

  • C’est bien de cela dont il s’agit… non pas seulement « des choses que l’on fait »… car on peut faire beaucoup de choses qui n’ont rien à voir avec ce que nous vivons à l’intérieur… superficiellement… sans vraiment conscience éveillée…
  • Les œuvres, sont celles qui sont accomplies « en conscience » : qu’avez-vous conscience de faire ?

Le disciple, à la suite du Messie qui l’appelle… fera tôt ou tard comme son maître : on le voit chez Isaïe : « il durcit sa face, il monte à Jérusalem, Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille, et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé. J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats. Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ; c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages, c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre : je sais que je ne serai pas confondu.     Il est proche, Celui qui me justifie.»…

La Croix, c’est le renoncement.  Notre vie est donc sauvée par le renoncement du Christ…

Notre vie pour entrer dans le Salut doit donc passer par le renoncement.

Là où pour le monde Notre vie passe par l’accomplissement, et selon ses critères,  ses perspectives,  ses moyens.

 

Catherine LASSAGNE (cf témoignage au Procès de Canonisation)

C’est aussi dans la foi qu’il avait puisé son amour pour les Croix. Il disait : « un bon chrétien doit aimer à être méprisé, foulé aux pieds » ; il revenait souvent sur ce sujet, qui lui inspirait des pensées et des choses magnifiques.

Aussi l’esprit de foi était le mobile de toutes ses actions, la foi lui expliquait tout et il expliquait tout par elle.

(p7) 1843 : de nombreux prêtres et médecins l’entouraient, disant qu’il n’était pas nécessaire d’ameuter les paroissiens à « prier pour leur curé, eux étant présents »… lui répondit : « faites sonner, afin que les paroissiens prient pour leur curé »…

Esprit de foi qu’il explique par la constance que donne la foi , et vécue dans la foi :

  • Catherine Lassagne: « C’est cette confiance inaltérable en Dieu qui le soutint dans la réforme qu’il avait entreprise de sa paroisse. Cette paroisse était, comme je l’ai dit, dans un état déplorable au point de vue religieux.
  • Catherine Lassagne : Il en souffrit beaucoup, mais ne désespéra jamais d’en venir à bout, avec la grâce de Dieu; il ne se lassa jamais d’employer avec constance les moyens surnaturels, tels que la prière, la mortification, la visite au St Sacrement, etc. Il montra beaucoup de constance et de persévérance dans l’ornementation et l’ameublement de son église, coptant sur l’assistance de Dieu pour payer les dettes qu’il contractait à ce sujet sans oublier cependant le prudence chrétienne »  (CL 476 ss).

Conclusion :

Demandons au Seigneur, non pas qu’il nous évite les épreuves…  en les écartant de notre route…

Mais bien plutôt… que jamais nous ne lâchions sa main tandis que nous Le suivons, Lui qui a les paroles de la vie éternelle…

Et tout autant que nous puissions tenir la main de nos frères… qui ne connaissent pas le Christ, mais qui vont peut-être enfin découvrir qu’à travers le frère qui vient à sa rencontre, c’est le Christ qui vient prendre soin de lui !

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