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Qui n’a pas été contredit ou contrarié, tandis qu’il tentait d’être fidèle à l’appel de Dieu ? En regardant Jésus-Christ réagir face à l’adversité, nous découvrons peut-être comment faire, mais surtout le drame de cette opposition à Dieu et à son œuvre.
Au moment de la Cène, tandis que Judas mange à la même table que Lui, et va pourtant le livrer : « Celui qui mange à ma table a levé la main contre moi ». [Jn 13.17] Ce que Matthieu dit à sa manière : « Il en appela 12… (dont) Judas Iscariote, celui-là même qui le livra ». Et Jean en tirera la conclusion du dévoilement de la véritable appartenance : « Ils sont sortis (de chez nous) mais ils n’étaient pas des nôtres » 1 Lettre de Jn 2, 19
Au moment des semailles selon le projet de Dieu : « C’est un ennemi qui a fait cela (semé de l’ivraie pendant la nuit) » [Mt 13.28]. Ce qui est dit littéralement « celui qui a semé ‘la zizania’ pendant la nuit. » L’épi d’ivraie a ceci de particulier qu’il est quasiment semblable à l’épi de blé. Il est même plus fourni en grains et parait mieux réussi. Il en est d’autant plus attrayant, et d’autant plus trompeur.
Les premiers chrétiens sont confrontés aux hérésies : ceux dont le contenu de la foi n’est plus la foi chrétienne, et qui s’en démarquent. Ils sont aussi confrontés aux trahisons (apostasie qui se transforme en une rupture de la communion) ou démarche d’autorité personnelle de rupture : les schismes. Attitudes qui peuvent se transformer en dénonciations en période de persécutions, et pour des motifs bien autres que de la foi et des mœurs chrétiennes. Ils sont confrontés aux rivalités comme les critiques des Corinthiens envers St Paul, l’accusant de ne pas être un véritable apôtre, ni apôtre depuis les débuts (il a un passé de persécuteur et il parle moins bien qu’Apollos…). Et en particulier, saint Paul a un discours évangélique et sans compromission ni accommodements, vivant la conversion à la grâce chrétienne, renouvelant les mœurs juives.
Nous ne manquons donc pas de distorsions infligées au plan d’amour de Dieu !
De manière plus générale et jusqu’aujourd’hui : Il y a bien des manières d’annoncer la Parole, la Résurrection, le pardon des péchés… Ce qui se rend visible dans un certain rayonnement… Et jusqu’à la fin des temps, demeurera toujours la tentation de préférer le ‘rayonnement’ au ‘contenu des paroles et des actes’, ou à l’obéissance à la source vitale du témoignage qu’est l’Esprit-Saint. Le même qui est l’âme de notre âme et de tout ‘apôtre’ est le même qui est l’architecte de l’Eglise, le moteur de l’évangélisation. Il est toujours tentant d’agir à son profit propre (ou en suivant une idée), ou en ne dépendant que de soi-même, ou en se donnant à soi-même ses propres références…
Le signe que nous donnent les saints passe toujours par l’obéissance au supérieur (St François d’Assise), l’humiliation (Padre Pio), l’injustice supportée (St Jean de la Croix emprisonné pendant 9 mois au risque de mourir), la spoliation de son oeuvre (Jeanne Jugan, Petite Soeur des Pauvres), etc. Et en particulier, Ste Thérèse d’Avila avait eu cette réponse radicale de préférer baisser d’un ton et de se reculer dans ses prétentions pourtant légitimes, plutôt que de créer un schisme (ou une condamnation de son supérieur) … Elle s’était reculée, pour ne pas agir dans le dos de son supérieur, ni créer des divisions, mais aussi pour laisser le temps que le Royaume de Dieu avance… formidable expression de la Miséricorde…
Ici à Ars nous avons l’immense exemple de Jean-Marie Vianney « jeûnant 3 jours avant la venue de l’Évêque pour être sûr de ne pas rater ce que Dieu voudrait lui dire à travers l’Évêque » selon le témoignage de Catherine LASSAGNE. Tandis que l’Abbé TOCCANIER jalousait ses réussites pastorales…
Ainsi pouvons-nous revisiter tous les lieux d’engagement au sein des Paroisses, sanctuaires, missions, caritatifs, technique, catéchétiques ou liturgiques… etc.… où un peu trop d’égo pourrait se manifester dans des attitudes aussi variées comme l’entêtement, la vie à part, la critique de mauvaise foi, la désobéissance, faire dans son coin… Alors qu’il est si facile de demeurer dans le repos de l’œuvre de Dieu… et d’en recevoir le repos dont notre âme a besoin auprès de Celui qui est « doux et humble de cœur » [Mt 11] …
Bon repos… en effet !