Semaine du 12 juillet 2026

« Et moi, je les guérirai » Mt 13

 

Dieu annonce dans Isaïe (55) que « (sa) Parole ne Lui reviendra pas sans avoir accompli sa Mission »… Cela se vérifie intégralement dans la Résurrection du Christ : à l’Ascension, Jésus, Dieu fait homme, Fils du Père, mort en croix, mis au tombeau, ressuscité le 3ème jour, vainqueur du mal et de la mort, manifesté aux apôtres pendant 40 jours remonte auprès du Père qui le fait trôner à Sa droite…

Cependant, le Christ montre lui-même une différence d’attitude dans son expression entre les disciples et les foules… ce que nous voyons dans l’épisode de la semence tombée sur 4 terrains différents. A ceux qui n’écoutent pas vraiment, il parle en parabole ; à ses disciples, il explique en particulier. Et l’explication n’est pas d’abord d’aspect moral, qui aurait peut-être qualifié les autres de méchants, si bien qu’ils seraient punis en ne recevant pas la Parole. L’explication est de l’ordre de la révélation et dénonciation du mal qui « obscurcit la conscience, qui aveugle le regard, qui endurcit l’oreille, qui alourdit le cœur (conscience) » … Et personne n’est à l’abri de ce drame de l’endurcissement ! On comprend pourquoi le Christ s’émerveillait dans l’évangile entendu dimanche dernier que « les pauvres et les petits aient reçu » ces paroles, tandis que les autres soient passés à côté…

Le drame est donc bien l’obscurcissement et l’endurcissement. Qui nous en protègera, puisque cela peut ‘ne pas se voir’.. justement, parce qu’aveuglement ?

Aux disciples en marche avec Lui, le Christ proclame « vous, heureux vos yeux puisqu’ils voient, et vos oreilles puisqu’elles entendent ! ». Ces mêmes disciples qui parcourront le monde et pour lesquels St Jean demandera : « Nous devons donc apporter notre soutien à de tels hommes pour être des collaborateurs de la vérité » [3 Jn 1, 08 ]… St Paul précisera le fondement d’une telle démarche missionnaire évangélique (et non pas prosélyte) : Car nous n’avons de pouvoir que pour la vérité » ; vérité devant laquelle ils sont situés à chaque instant et à laquelle ils doivent rendre compte.

Mais c’est encore St Pierre qui apporte le critère suprême : « En obéissant à la vérité, vous avez purifié vos âmes » [1 P 1, ]…

Ainsi, le critère du véritable accueil de la Parole de vérité se trouve dans l’ajustement du rapport à l’autre.

Car dans l’accueil de ‘la Parole’ du Seigneur, il y a toujours cette part de nous-mêmes qui lit ‘à sa manière’ la parole pourtant universelle du Seigneur ! Nous avons toujours notre propre grille de lecture. Nous pouvons toujours (au minimum) passer à côté de ce que viendrait nous dire la ‘Parole’ qui nous rejoint ; pire serait de la travestir. Nous pourrions nous étonner, en voyant l’état de notre monde ou de notre vie, d’une efficacité réduite de la ‘Parole’… De même qu’on s’étonnait autour du Curé d’Ars du peu de changement de vie, alors qu’il confessait sans arrêt. Sa réponse est éclairante : les fidèles viennent bien pour demander et recevoir le pardon de leurs péchés, mais « sans repentir » : sans volonté de changement de leur vie, d’ajustement à l’appel de Dieu, de sa Parole.

Ce critère se complète donc de la volonté de (1) transformation de vie, dans la vie évangélique (2) qui choisit alors de ‘marcher’ avec le Christ, et dans la ‘communion’ recherchée par chacun (3) au corps que le Christ constitue comme Eglise… paroissiale, diocésaine, familiale… etc.

Et St Pierre de prolonger : « aussi, d’un cœur pur, aimez-vous intensément les uns les autres, car Dieu vous a fait renaître, non pas d’une semence périssable, mais d’une semence impérissable : sa Parole vivante qui demeure »

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Rédacteur.

P Rémi Griveaux

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